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Nos programmations 2013

Nous sommes très heureux de vous présenter la programmation détaillée de nos éditions toulousaine, parisienne, mais aussi, cerise sur le gâteau, montréalaise et vietnamienne !!


TOULOUSE

L’édition originale. La "formule" des Siestes la plus complète à ce jour. 12 ans d’existence. Et une programmation qui ose encore plus l’inédit, l’inattendu et le croisement (même si on revient à un certain terreau plus électronique cette année). Si vous ne connaissez pas les noms annoncés ci-dessous, pas de panique, c’est en partie fait exprès, Les Siestes étant l’un des rares festivals où ne rien connaitre de la programmation peut être une motivation ;)

- Jeudi 27 juin
Jardin Compans-Caffarelli * à partir de 19h * GRATUIT
Marvin + Electric Electric + Papier Tigre + Pneu (concert quadriphonique)

- Vendredi 28 juin
Jardin Compans-Caffarelli * à partir de 19h * GRATUIT
Dscrd + Polar Inertia + Bipolar (concert quadriphonique)

Soirée club * à partir de 23h * 17€ * La Grainerie
DIY Music Academy Live Jam
Redshape
The Analogue Cops
Dj Deep

- Samedi 29 juin
Jardin Compans-Caffarelli * à partir de 16h * GRATUIT
Polygorn
Sturqen
Cut Hands
Boston Bun

- Dimanche 30 juin
Jardin Compans-Caffarelli * à partir de 16h * GRATUIT
Paris Suit Yourself
Andy Stott
Spectral Park
Redinho

Venez à Toulouse : par le train, par l’avion, en co-voiturage... Regardez les hôtels à Toulouse.


PARIS

Le charme de la recette toulousaine (gratuit, diurne, estival, en plein-air), mais au pied de la tour Eiffel. Le contenu incroyable du Musée du quai Branly en plus. Car ce qui fait le sel de notre édition parisienne réside dans ce beau partenariat que nous avons noué avec le Musée afin que les musiciens invités puissent avoir accès aux collections audio de ce dernier et en rendre compte au public.

- Dimanche 7 juillet
Musée du quai Branly * à partir de 16h * GRATUIT
Vincent Moon
Kangding Ray

- Dimanche 14 juillet
Musée du quai Branly * à partir de 16h * GRATUIT
Sinner DC
Pierre Bastien

- Dimanche 21 juillet
Musée du quai Branly * à partir de 16h * GRATUIT
Sylvain Chauveau
Low Jack

- Dimanche 28 juillet
Musée du quai Branly * à partir de 16h * GRATUIT
Dj Arc de Triomphe
Gangpol & Mit

A noter : deux avant-dates à cette édition parisienne.
le 2 juin, à L’abbaye de Maubuisson à Saint-Ouen l’Aumone, avec Plapla Pinky et Bambounou
le 21 juin, à l’Institut Français d’Amsterdam, avec Pierre Bastien


MONTREAL

Grâce à nos amis des Piknic Electronik, chez qui nous avions déjà squatté en 2009, nous revoilà en terre québécoise pour une date unique mais sacrément belle.

- Dimanche 14 juillet
Parc Jean Drapeau à Montréal * à partir de 14h * 14$
Scène Guru : Boréalis, Mondkopf
Scène Moog : Nany Leven, Arandel, Pilooski


VIETNAM

Dans le cadre de l’année de la France au Vietnam, et avec l’aide de l’Institut Français, nous testerons notre concept des Siestes Electroniques pour la première fois au Vietnam en compagnie de Vincent Moon, Laurent Jeanneau et Jean Nipon.

- le 12 et 13 octobre
Parc de la réunification à Hanoi * à partir de 15h * GRATUIT

- le 19 et 20 octobre
Parc Tao Dan à Ho Chi Minh Ville * à partir de 15h * GRATUIT

 
Campagne de bénévolat

Nous sommes à la recherche de bénévoles pour la prochaine édition toulousaine des Siestes, du 27 au 30 juin. Si vous aimez notre projet, si vous êtes disposés à nous donner un coup de main, rejoignez-nous !

Nous cherchons des gens responsables pour nous aider au bar, au catering, au merchandising, pour monter et démonter nos installations, pour accueillir les artistes, bref, pour faire tourner notre beau festival :)
Si vous vous sentez l’âme généreuse, envoyez-nous un email sur benevolat.siestes@gmail.com
Nous vous en serons mille fois reconnaissants !

 
Les Rencontres Futurism

Les Siestes Electroniques initie, en marge de ses concerts, des échanges de pair à pair dans le but de réunir et faire discuter les pro, les passionnés et les amateurs de musique pour que tout à chacun puisse bénéficier de l’expérience et du savoir-faire de son “voisin”.

Attention, il ne s’agit pas d’un énième salon professionnel dédié à une industrie musicale en phase de réhabilitation mais bien d’une agora, un lieu de rassemblement où les savoirs circulent librement, passent de mains en mains. Les rencontres Futurism des Siestes Electroniques n’ont donc rien à vendre mais elles se veulent au contraire un temps et un lieu d’intelligence collective où les idées et les projets pourront naître.

Prosumer, Pro-Am, Hommes et Femmes de bonne volonté, qui souhaitez apprendre autant que partager, ne jamais restez passifs devant les solutions techniques aujourd’hui offertes, rejoignez-nous et faisons un petit bout de chemin ensemble. Le peer-to-peer a révolutionné nos modes de consommation de la musique en permettant un échange de fichiers libéré de toute contrainte financière. Imaginons désormais qu’il change notre manière de faire de la musique et plus seulement de se la procurer !

Principe :
Vous venez parler de vous, vos créations, vos expériences, votre travail.

Quelles activités possibles :

- Démo / Présentation
Une personne (ou plus) vient montrer au public l’usage pratique d’un outil ou instrument, un service, ou présenter une entité. Les démonstrations seront préférées aux présentations théoriques à chaque fois que cela sera possible. Les questions / réponses prendront autant de temps que la partie monologue du présentateur. Les présentations où plusieurs intervenants se passent la parole ou conversent en mode questions / réponses seront privilégiées.

Thèmes possibles :
- Instruments réels
- Instruments virtuels
- MAO / DAW / Séquenceurs / Mastering
- Logiciels mobiles/tablettes
- Logiciels de DJ / matériel de DJ
- Diffusion de la musique
- ...

- Workshop / Atelier
le Workshop est un groupe de travail qui ne se concentre pas sur un produit, mais sur un ensemble de techniques, et/ou un savoir faire. Les participants donnent leur avis et font part de leurs connaissances. Un animateur intervient pour dynamiser les échanges et pour retranscrire les idées clefs et propositions qui émergeront de la discussion.

Exemples :
- Tour d’horizon des instruments de synthèse modulaire
- Panorama des outils du VJ
- Les serveurs de streaming en action : comment monter un flux audio/video ?
- Hacker une Kinect : pourquoi et comment ?
- Les nouveaux instruments de créations sons sur tablettes
- ...

- Rex
Les retours d’expériences (Rex) sont le récit de l’histoire vécue d’un artiste, d’une société, des usagers, d’une aventure créative devant le public. Ce peut-être aussi livrer le fruit d’une réflexion après une certain période d’usage d’un outil ou instrument, d’un service ou de travail auprès d’un groupe (au sens large du terme)

Exemples :
- 5 ans avec Ableton Live, et ensuite ?
- 10 ans que je suis DJ
- Je fais du Circuit Bending avec des Lego
- Décrypter le business de la distribution musicale sur Internet
- ...

- Master Class
Les master class sont menées par une personne reconnue pour ses compétences, qui vient non seulement montrer mais aussi faire manipuler les intéressés qui deviennent “élèves” le temps de quelques heures. Ce n’est pas une formation, mais une invitation à découvrir et à essayer un outil ou instrument, un service. Certaines master class fourniront l’outil à manipuler, d’autres demanderont que les participants amènent leur propre matériel.

Exemples :
- L’année dernière on aurait pu imaginer une master class sur le chant inuit par Tanya Tagaq par exemple
- Cette année, ça dépendra notamment de la programmation du festival

- Dojo
Les ateliers se consacreront à améliorer les pratiques de tel instrument ou outil ou service. Il n’y a pas de “professeur”, mais un animateur qui propose au groupe de plancher sur un sujet. Les participants viennent avec leur matériel et leurs connaissances préalables, afin de travailler ensemble, échanger et s’émuler. L’entraînement se fait principalement en binôme. L’instructeur donne un exercice à faire en un temps relativement court. A la fin de chaque entraînement, les participants se réunissent pour raconter ce qu’ils viennent de faire lors d’une courte rétrospective. Ensuite les binômes se reforment différemment pour refaire le même exercice avec des variantes. Ce n’est pas un concours. On ne produit rien, ce qui est fait le temps du Dojo n’est que pour le plaisir de pratiquer et s’entraîner ensemble. Évidemment un niveau de connaissances minimum est requis.

Exemples :
- Travailler sur Max4Live
- Travailler sur les synchro MIDI
- Adapter un logiciel non musical à une pratique musicale
- ...

- OpenTalk
C’est le format de l’OpenSpace Technology (ou Forum Ouvert) qui est utilisé pour mener des discussions choisies sur le moment, dans le respect des principes suivants :
- Les personnes qui se présentent sont forcément les bonnes personnes.
- Ce qui arrive est la meilleure chose qui pouvait arriver.
- Les participants peuvent aller voir ailleurs dès qu’ils ne sont pas en train d’apprendre, de contribuer ou tout simplement de prendre du plaisir. Les sujets seront proposés en séance par les participants en début d’après midi, et répartis suivant l’espace et le timing disponible pour échanger et contribuer, et la restitution en groupe aura lieu à la fin de chaque période de temps (max. 30mn par sujet en général).

- Lightning Talk
Les discussions éclairs sont libres et proposées par n’importe quel participant. Les sujets présentés sont exposés sur un tableau visible par tous, puis tirés au sort, et la personne dont le sujet est choisi dispose d’une tribune de 5 minutes pour exposer ses idées. Un ROTI (Return On Time Investisted) est effectué avant de passer au sujet suivant. Les Lightning Talks permettent d’aborder rapidement les sujets qui n’aurait pas trouvé écho lors des autres formats de rencontres.

Combien de temps :
Les sessions dureront entre 5 et 60 minutes maximum pour chaque intervenant.

Quand :
Du 27 au 30 Juin 2013

Où :
A Toulouse, essentiellement au jardin Compans-Caffarelli, lieu de manifestation principal du festival Les Siestes Electroniques (donc ici, en plein air !)
Tel Socrate ou Bouddha, imaginez-vous discourir et transmettre votre savoir à l’ombre des arbres. Mais si le plein air ne pouvait pas vous convenir, divers lieux adaptés pourront vous être proposés (sachez pour autant que nous sélectionnerons en priorité les propositions pouvant s’adapter au plein air).

Conditions financières :
Le principe de ce volet d’action étant l’échange de pair à pair aucune rétribution n’est envisageable. Pour autant, sur justification, des défraiements peuvent être attribués.

Comment postuler :
Remplissez notre formulaire en ligne ici
Nous vous recontacterons rapidement.

Deadline :
15 avril 2013

 
Micro Siestes en Amérique du Sud

Les Siestes Electroniques emmènent Débruit faire un petit tour à Montevideo (Uruguay) et à Buenos Aires (Argentine) :)

On aurait aimer faire plus, pour dire vrai, mais on a manqué de moyen, pour être honnête. Mais il reste qu’à l’invitation du festival Uruguayen Soco, avec le soutien généreux de l’Ambassade de France en Uruguay et l’aide du Mutek Argentine, Débruit va faire un petit tour en Amérique latine et puis s’en ira et nous on croise les doigts pour pouvoir faire plus la prochaine fois ;)

Vendredi 5 avril
18h > 21h // Entrée libre
@ Jardin du musée national d’art visuel
Avec Débruit, Selectorchico et Lechuga Zafiro

+ After show au Paulier y Guana à partir de minuit
Avec Débruit et Club Subtropical

Facebook Event

Samedi 6 avril
à partir de 1h du matin // 40$
@ Niceto Club
Avec Débruit, Villa Diamante et Daleduro

Facebook Event

 
Electrosnow Festival

Les Siestes s’associent au nouveau festival andorran Electrosnow et invitent Fairmont, Undo, Bruma & Horla, le 1er avril, en haut des pistes de ski de Grandvalira.


Electrosnow est le nouveau venu d’un désormais riche circuit de festivals de musique organisés en station de ski. Mais il a pour nous l’immense avantage d’être organisé dans les Pyrénées, à 2h de Toulouse :)

La formule est balisée mais appréciable :
- 3 jours de musiques électroniques, avec au programme Nina Kraviz, Noze, Bambounou, Carl Craig, Michael Mayer, Martyn, Fairmont etc.
- 3 jours de glisse, de glisse extrême même puisque ce tiendra ce même week-end le Total Fight, une compétition qui réunit les dix meilleurs snowboarders du monde.

Nous nous associons donc à l’initiative et co-présentons la programmation de jour (12h - 16h30) du 1er Avril : Fairmont, Undo, Bruma & Horla.
Rdv en haut des pistes, le tout est gratuit !

Electrosnow : 1ère édition
Du 30 mars au 1er avril (week-end de Pâques)
Andorre - Grandvalira
www.electrosnow.com

 
Les Siestes au Congo : le reportage

Voilà 2 ans que Les Siestes ont installées une de leurs bases arrières au Congo. Le temps d’organiser 2 éditions riches en émotions et en enseignements. Il était temps de vous en rendre compte le plus complètement possible.

En novembre dernier, nous étions donc à nouveau à Brazzaville et Pointe Noire. Ce fut l’occasion de nombreux échanges vivifiants, car il faut bien se rendre compte que les musiques électroniques ne sont pas du tout identifiées au Congo. Aussi le documentaire que nous vous présentons pose un certain nombre de questions quant au statut du dj au Congo, quant à l’appréhension des musiques électroniques par le grand public congolais … des questions simples mais que nous avions quelque peu oubliées et qu’il est de bon ton de remettre en tête à qui veut aborder la réalité du tissu musical africain.

"Le tempo c’est fait pour danser, mais il ne nous dit rien. Donc comment comprendre la musique s’il n’y a pas de paroles. Ça parle de quoi ? Ça dit quoi ? Là vous faites seulement tougoudou tougoudou ..." Un spectateur au Congo
"C’est vrai que les gens disent que l’on fait ce métier pour les femmes ... Quelque part c’est vrai, mais pas seulement ..." Un Dj au Congo
"On se dit que le Dj, c’est peut-être un fumeur de chanvre, un illettré, il n’a pas de niveau" Un Dj au Congo

Visionnez le reportage de Pierre Teulières qui a suivi l’ensemble des protagonistes de cette aventure (35 min) :


Les Siestes Electroniques au Congo par lessiesteselectroniques


Et pour souvenir, voici le compte-rendu de notre 1ère édition congolaise, en novembre 2010 :

Mardi 23 novembre au soir : départ de Paris pour Brazzaville via Addis-Abeba. Vol Ethiopian Airlines. L’avion est à moitié vide, les hôtesses nombreuses et obséquieuses, la composition du dîner assez abstraite et la politique de gestion des luminaires tout à fait déconcertante. Je me laisse envoûter par la chaîne de radio spécialisée en musique éthiopienne, celle orientée new age diffuse elle des plages plus inquiétantes que relaxantes, mais c’est cool. Bref, ça fait quinze ans que je n’ai pas pris de long courrier, et je ne suis pas déçu du voyage – et encore moins quand nous débarquons dans l’aéroport d’Addis au petit matin, peuplé aux trois quarts de pèlerins soudanais et kényans revenus de la Mecque, vêtus de djellabas blanches et d’étoffes mauves. Une fois notre correspondance empruntée, nous sommes arrivés quatre heures plus tard à Brazzaville, où la température dépasse facilement les 30 degrés. On descend directement sur le tarmac, pour rejoindre les douanes qui, en termes de discipline, ressemblent plus aux portes d’accès d’une finale de championnat de foot amateur ou d’un concert de reformation des Svinkels qu’à des douanes. Les guichetiers sortent et rentrent, ou regardent des papiers d’un air concentré sans avoir de voyageur à « traiter ». Les officiels qui circulent d’un air vaguement autoritaire, nous font régulièrement signe d’attendre et laissent en revanche passer à peu près tous les mecs qui viennent leur taper sur l’épaule. Les formalités sont donc un peu laborieuses, on nous fait attendre sans trop savoir pourquoi, un supérieur hiérarchique succède à l’autre et au bout d’une heure nous récupérons passeport et bagages, sur la conclusion suivante du type qui visiblement « dirige » les opérations douanières : « La confiance n’exclut pas le contrôle ». OK.

Une fois installés dans nos pénates, nous ne tardons pas à tomber de sommeil. Je suis réveillé de ma sieste en fin d’après-midi par la chaleur et le son des gens sur la place. C’est un réveil plutôt doux, et j’éprouve une sensation d’hospitalité diffuse et d’improbable familiarité. Je m’attendais bêtement à me « prendre une claque » en posant le pied au Congo. Comme je voyage très peu, je m’imaginais une expérience proche de l’hallucination ou de l’hébétement, mais en fait, non, pas du tout. La claque ressemble davantage à une sorte d’éveil progressif, comme lorsqu’on se rend compte après coup qu’un bateau a quitté le port alors qu’on le croyait encore amarré. C’est une lente locomotion, presque fluviale, flottante.

Bref, ces premières heures passent comme un sirocco gentiment abrutissant, et en terminant de dîner dans un restaurant près du fleuve, je me rends compte qu’il est à peine 20h. Le temps se dilatera souvent comme ça lors de la semaine. C’est un peu troublant, mais parfois très grisant de voir qu’on a oublié ses réflexes et ses repères, surtout quand on est un jeune aussi impatient comme moi. Nous allons ensuite boire un verre dans une sorte de resto/bar/boîte avec la clim à fond et une sélection de rumba, R&B, rap, ndombolo et gros tubes européens electro/dance plus ou moins récents, et pas forcément du meilleur goût. La sono est bourrin sans être atroce non plus, les gens sont chauds, l’ambiance relax, et on danse – comme tout le monde ici – face au grand miroir qui couvre tout un mur de l’endroit.

La journée suivante s’organise – plus ou moins – autour du concert que Paul (Mondkopf) doit donner le soir au Centre Culturel Français (CCF). L’ambiance est charmante, les gens tous ravis de nous voir, Romain shoote dans tous les sens et déjà les premiers musiciens, DJ ou simples amateurs de musique viennent jeter un œil sur l’installation de la scène dans la cafétéria du CCF, l’Awalé. Nous allons alors tous visiter le centre Sony Labou Tansi, dans le proche quartier de Bakongo, où aura lieu la soirée du samedi, et où répète pour le moment le groupe Musée d’Art, sorte de troupe musicale « tradi-moderne » composée d’une dizaine de percussionnistes, d’un clavier, d’un bassiste et d’un guitariste, dirigé par l’intense Akramo.

Le soir, le public du concert qui commence à s’installer est composé pour moitié de Français et autres blancs expatriés (l’ambassadeur italien nous fait notamment l’honneur de sa venue), et pour moitié de Brazzavillois curieux et/ou mélomanes. Paul entame son live par une longue plage ambient sombre qui prend progressivement du corps, avant de lancer des rythmiques plus soutenues qui font bouger quelques nuques. Vers la fin du live, on sent que quelque chose se passe, et qu’il serait dommage de s’arrêter là, et très vite Akramo nous fait profiter de ses talents de percussionniste en improvisant sur les beats de Paul. Le résultat galvanise rapidement le public jusqu’ici assez sage, surtout qu’Akramo fait le show, danse, bondit tout autour de la scène, scande des paroles en lari (la langue de la minorité qui vit à Bakongo) et se laisse posséder par ce qu’on ne peut appeler autrement que de la transe. Pour ne pas frustrer un public désormais dans tous ses états, Paul et Akramo décident d’enchaîner cette séquence live par un mix house du meilleur effet, toujours accompagné de percussions. La fête dure plusieurs heures et on se couche grisés.

Le lendemain, il y a un grand défilé de mode au CCF, et on a proposé à Paul et Charlie (Qoso) de s’occuper de la musique. Pendant près de deux heures, nos deux compères vont imposer un groove puissant, en crescendo, fait de classiques d’Italo ou de Chicago et de tracks plus récents, si bien qu’au bout d’un moment le public – constitué, cette fois-ci, presque exclusivement de Brazzavillois – danse carrément et saute de joie sur certains breaks et certaines montées de clavier – même si, en l’occurrence, la musique fonctionne plus comme un stimulant du défilé que comme une expérience autonome, vécue à part entière par les spectateurs. Soyons honnêtes, les mannequins, les vêtements, l’événement en soi comptaient clairement pour beaucoup dans cette ambiance, mais quand même, c’était vraiment beau de voir cette jeunesse congolaise en délire sur du Frankie Knuckles ou du Kano.

La troisième soirée, organisée au cercle Sony Labou Tansi, restera certainement la plus grisante du séjour. D’abord par son affiche, puisqu’y jouent à la fois Mondkopf et Qoso, des DJ locaux, Musée d’Art et une troupe de danse hip-hop du nom de I-Dance, mais aussi par le cadre en plein air et l’ambiance à la fois festive et familiale qui y règne – les gens sont venus en nombre, et un stand a été monté où une mère et ses filles vendaient brochettes, cuisses de poulet, salades et bières. Le public, en partie assis, met dans l’ensemble un peu de temps à se mettre en route, mais les meilleurs danseurs, eux, montent vite sur scène pour passer un par un, en séquence, comme les concurrents d’une compétition de danse. Les DJ congolais servent leur habituel panaché de tubes généralistes avec animation vocale, les gens semblent contents, et Musée d’Art réalise une véritable performance, quasiment une heure de percus / chants / danse interrompue, accompagnée par une boîte à rythmes. Une sorte de flux tantôt hypnotique, tantôt presque cubiste par son goût de la saccade et de la rupture.

Pour clore la soirée, l’effet produit par les premières minutes acid du live de Paul et Charlie est particulièrement foudroyant sur une partie de l’assistance du « Sony ». Deux garçons d’une dizaine d’années, notamment, me regardent comme si j’allais leur dévoiler le secret de la techno : « Comment il fait là ? ». Entendre un son à la fois physique et abrasif sortir comme ça d’un simple laptop soufflait leurs réflexes perceptifs. Sans jouer sur des clichés post-colonialistes nauséabonds, les deux gamins avaient l’air d’y voir une forme de sorcellerie technologique, et leur réaction hésitait entre possession rythmique et fascination trouble. Un des instants les plus intenses du séjour, pour moi.

L’histoire de notre venue à la Main Bleue, le dimanche soir, est tout autre. Ce dancing de Bakongo (un des quartiers de la minorité Lari) revêtu de dalles en mosaïque bleue, d’où son nom, est à ciel ouvert, et sa piste entourée de nombreuses tables, d’une cabine de DJ fermée et vitrée (sans clim), d’un petit bar et d’un espace peint tout en blanc, visiblement destiné aux séances photo. Il est fréquenté ce soir-là par des couples venus danser la rumba, et par un petit nombre de sapeurs, pas tous très jeunes, et pas tous forcément impeccables par rapport à certaines images qu’on peut avoir de cette intriguante sous-culture. Guillaume, notre "fixeur" sur place et ancien administrateur des Siestes Electroniques, avait eu l’idée de solliciter les gens qui gèrent l’endroit pour essayer d’y faire se rencontrer la culture club européenne et celle, locale, des sapeurs et des traditions de danse populaires. Quelques jours avant, nous avions donc rencontré Fredo, aka DJ Sarkozy (sic, évidemment), qui nous avait répondu qu’il était d’accord pour nous faire partager ses platines, mais que le public de la Main Bleue était tout de même habitué à sa sélection, à sa façon de la séquencer, et exigeait de lui qu’il joue forcément quelques morceaux « gold » de la musique congolaise... L’expérience s’annonçait donc assez casse-gueule… et l’a effectivement été. Autant le démarrage à la vieille rumba a été poliment reçu, autant la suite (une séquence funk puis une séquence coupé) a quasiment créé un incident diplomatique (concrètement : un client vient se plaindre directement dans la cabine, et Fredo me regarde d’un un œil crispé en me voyant sélectionner « Ça va chauffer » des Ivoiriens de Grand Maquis All-Stars, pour finalement me congédier en douceur…). Mais l’ambiance qui règne sur place, le charme du lieu et le défilé des sapeurs et d’autres hautes figures de Brazza ont suffi à nous faire oublier cette tentative un peu malheureuse.

La journée du lendemain sera marquée par un peu de pur tourisme, conclue par une escapade au marché de nuit, réputé pour ses singes fumés et autres alligators à la coupe. L’expérience est à peu près aussi éprouvante que celle vécue au marché Total (car situé près du siège du géant pétrolier) de Bakongo, que nous avons traversé quelques jours plus tôt, et qui pourrait d’ailleurs s’appeler « total » sans majuscules, comme on parle d’ « art total » ou de « football total ». Tout est vendu là-bas, sous toutes les formes, partout, et on dirait bien que tout Bakongo est ici rassemblé. On nous y hèle sans cesse et certains nous appellent par les noms des footballeurs de l’équipe de France – « Gourcuff », « Ribéry », mais aussi, plus étonnant, « Alou Diarra » ou « Bakary Sagna ». Une fois passé le stand des sauterelles grillées et celui des chauve-souris vivantes tuées à la demande, je passe chez un minuscule disquaire plein de vieux vinyles, malheureusement tous dans un état déplorable et probablement injouables sur une platine. La circulation est lente et malaisée, les odeurs de nourriture, de boue et d’essence se mêlent en vagues tièdes et âcres, et l’immensité du marché a quelque chose d’à la fois vertigineux et enivrant. Le périple dans le marché Total aura probablement été l’expérience la plus proche de cette fameuse claque africaine.

Le reste du temps, on ne se « prend » pas forcément grand-chose à la figure : c’est plus ce qu’on ne se prend justement pas, ce qui ne résonne pas, qui ne passe pas qui fait la vraie différence entre nos habitudes et celles de Congolais. Les serveurs qui n’apportent pas ce vous avez commandé, les taxis qui ne vous rendent pas la monnaie, les sapeurs qui ne vous parlent pas de l’argent qu’ils voudraient pourtant que vous leur donniez pour passer à la Main Bleue, les passants qui ne répondent pas aux questions que vous leur posez, les gens en boîte qui viennent vous parler sans avoir quoi que ce soit de particulier à vous dire, ou qui vous prennent pour quelqu’un d’autre mais ne se démontent pas quand ils réalisent qu’ils se trompent : c’est tout un spectre de l’univers rationnel névrotique occidental, de la logique oui/non, question/réponse, problème/résolution, tout ce fastidieux système à somme nulle qui est rayé de la carte psychologique – là encore, je ne dis rien de neuf et j’imagine bien que des dizaines de livres doivent parler de ça. Il reste que ça rafraîchit les méninges de voir que le modèle de pensée en vigueur ici est presque totalement ignoré là-bas – pas méprisé, juste ignoré.

Dans l’avion du retour, le mercredi matin, le spectacle congolais offre un dernier rappel avec une délégation interministérielle qui a l’air de partir en Chine via Addis. Séance photo improvisée en cabine (une heure, montre en main) pour donner des preuves qu’on a bien pris l’avion, discussions à bâtons rompus et volume vocal supérieur sur des sujets on ne peut plus flous : une indiscipline généralisée qui a l’air d’exaspérer les sages hôtesses éthiopiennes du vol. Pas de doute, même à 10 000 mètres d’altitude, l’esprit congolais reste toujours aussi vif. Et une chose est sûre : quoiqu’il arrive, on reviendra à Brazza.

 
Audimat en débat !

Le premier numéro de la revue des Siestes Electroniques "Audimat" est désormais épuisé, mais son contenu polémique vit à travers le retentissement des débats suscités. Nous souhaitons donc aujourd’hui donner corps à notre petite entreprise papier et ainsi lancer un cycle de débats qui se tiendront à Paris, à la Gaîté Lyrique, de janvier à avril, mais également en streaming.


- LE MARDI 22 JANVIER : Qu’est-ce qu’un son de bonne qualité ? – 18:30 – entrée libre

Les re-masterings de Kraftwerk dénaturent-ils les originaux ? Ariel Pink sonnait-il mieux lo-fi ? Doit-on vraiment considérer l’écoute de formats "streaming" comme dégradée ? Quel sens prend aujourd’hui le souci du "beau son" et comment musiciens, ingénieurs et mélomanes l’appréhendent-ils ?

Avec Olivier Julien, maître de conférence et musicologue à l’Université Paris IV. Spécialiste du « son », ses recherches portent principalement sur le rapport des musiciens populaires à la technologie et le conditionnement qu’impose cette dernière. Olivier Julien sera accompagné de Etienne Jaumet (ingénieur du son et musicien) et Sophian Fanen (journaliste à Ecrans/Libération).

Gaîté Live Event
Facebook Event

- LE MARDI 19 FÉVRIER - A quoi sert la critique musicale ? – 19:30 – entrée libre

Régulièrement décrié pour ses formules comme dans son principe, le journalisme musical mérite-t‐il d’être défendu ? Alors que les modes d’accès et d’écoute se multiplient sur le web, pourquoi élaborer des jugements sur la musique, et quels formats adopter ?

Avec Yves Michaud, philosophe et critique d’art, fondateur de l’Université de tous les savoirs, et auteur d’Ibiza mon amour, réflexion sur l’industrialisation des loisirs sur cette île symbole de la contre-culture, accompagné de Johan Girard, chercheur - enseignant à la Sorbonne Nouvelle ainsi que journaliste et auteur de "Répétitions, L’esthétique musicale de Terry Riley, Steve Reich et Philip Glass" et Olivier Lamm, journaliste multicarte (The Drone, Chronic’art, France Culture).
On abordera donc la critique musicale sous un angle esthétique et philosophique, ça aura le mérite de changer :)

Gaîté Live Event
Facebook Event
Archive Vidéo

- LE JEUDI 14 MARS - Le rap français existe-t-il vraiment ? – 18:30 – entrée libre

Le mouvement hip-hop connait en France depuis le milieu des années 80 une histoire indéniablement riche, qui se poursuit aujourd’hui sous des formes parfois très éloignées de ce qu’il était à l’origine. On constate ainsi que les principaux représentants hexagonaux du genre ont généralement suivi une ligne assez fidèle aux critères de validité de la chanson française (textes narratifs ou a message, musique fonctionnelle, soumission du signifiant au signifie) à l’exception notable du TimeBomb collectif plus proche des sources américaines du rap.

Thibault de Longeville, producteur et directeur artistique proche de TimeBomb à l’époque, ainsi que Julien Morel, rédacteur en chef de Vice, et Etienne Menu, rédacteur en chef d’Audimat, reviendront sur cet âge négligé et sur les raisons de ce malentendu entre la culture musicale française et la nature proprement phonocentrée du rap.

Gaité Live Event
Facebook Event
Archive Vidéo

- LE MARDI 16 AVRIL - Musiques Gay, musiques d’avant-garde ? 19:30 - entrée libre

Disco, HI-NRG, garage house, electro queer... La culture musicale de la communauté homosexuelle a produit depuis des décennies plusieurs genres majeurs aux destins souvent improbables, voire presque tragiques. Didier Lestrade nous dira d’abord comment la HI-NRG, un genre viril et affirmatif né dans les clubs gays des années 80, a nourri et nourrit encore la créativité de la club music à travers l’eurodance puis l’actuelle vague electro rap. A ses côtés, differents acteurs de la scene gay (Pipi de la Frèche & Patrick Vidal) lui répondront et témoigneront de leurs propres expériences de l’esthétique sonore des clubs gays au fil des époques.

Gaité Live Event
Facebook Event
Streaming Vidéo

Attention les débats seront concis et commenceront à l’heure ! Pour ceux qui ne pourrons pas se rendre sur place, pas de soucis, l’événement sera retransmis (puis archivé) sur le compte live-stream de la Gaîté Lyrique
http://new.livestream.com/accounts/...

 
T-Shirt Party !

Il nous reste un petit stock de T-Shirt des précédentes éditions. Ça faisait des mois que l’on devait le faire : on a enfin mis en place une page spéciale pour pourvoir les acheter en ligne ! Le complément idéal à la revue Audimat en cette rieuse fin d’année ;)


Tous nos T-Shirt sont à 10€, frais de port inclus.
Attention toutes les tailles ne sont pas dispo.
Paiement par CB ou Paypal.
Délais de livraison : 7j (pas de colis suivi)


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Les Siestes au Congo

2ème édition des Siestes au Congo, du 21 novembre au 3 décembre. On invite Douster et Jay Weed à venir balader leur africanisme de chambre à Brazzaville et à Pointe Noire.


Les Siestes conduisent depuis 2007 un programme international qui lui permet de s’établir l’espace d’un instant ex situ, une façon de tester le festival auprès de publics étrangers, d’explorer une manière de percevoir et de livrer la musique en dehors de ses réseaux habituels, une manière de se maintenir en éveil aussi pour un festival qui se décrit lui-même comme aventureux. Dès lors que ce soit à Berlin, Riga, La Haye, le Caire, Kyoto, Montréal, Abu Dhabi ou Brazzaville, chaque fois il s’agit de se mettre en danger, de tester de nouvelles approches, d’ouvrir de nouveaux horizons esthétiques.

Or en l’occurrence, il faut reconnaitre que la première édition des Siestes au Congo en 2010 fut notre expérience la plus marquante. Partis la fleur au fusil, nous anticipions un choc des cultures, qui s’est effectivement produit mais pas à l’endroit où nous l’attendions. Nous n’avions notamment pas mesuré que les musiques électroniques telles que nous les considérons ne puissent que difficilement être appréhendées par les congolais car elles n’existent tout simplement pas sur place (alors que l’essor du kuduro angolais, du kwaito ou du shanghaan sud-africain ou bien encore du coupé-décalé ivoirien aurait pu laisser envisager une sous-culture « électronique » possible en pays africains). Or l’effet d’une TB 303 sur un garçon de Bakongo qui entend pour la première fois ce type de son ultra synthétique nous a rappelé l’émerveillement que peut procurer les musiques électroniques.

Charge à nous désormais de pouvoir aller au delà de la seule stupeur pour cette deuxième édition. C’est la raison pour laquelle, au risque d’afficher une approche « sociocul » de mauvaise aloi, nous avons ajouté un volet de formations et rencontres conséquent à destination des musiciens locaux.

- Les musiciens invités : Douster & Jay Weed
Sous l’effet du réchauffement climatique et d’une contraction de notre échelle espace-temps, la notion de tropicalisme fait dernièrement un retour en force dans la novlangue de la critique musicale. Jay Weed et Douster, amis lyonnais connectés sur le monde depuis l’ouverture de leur ligne Adsl en sont l’un des plus parfaits exemples français. Jeunes citoyens d’ici comme d’ailleurs, biberonnés aux séries TV téléchargées en VO, maternés par la programmation internationale des Nuits Sonores, grandis par les échanges universitaires, Jay Weed et Douster ont intégrés une notion de folklore aterritorialisée qui met sur un pied d’égalité un tube d’eurodance roumain, de reggaeton vénézuélien, de kuduro angolais ou d’electro US. Et si Jay Weed lorgne plus volontiers du côté de la scène bass music anglaise avec des ambiances brumeuses, Douster pencherait quant à lui plus volontiers vers le continent américain et ce que certains appellent sa ghetto music, les deux se rejoignent dans leur pratique décomplexée des musiques électroniques, loin des chapelles musicales et de leurs guerres de cloché.

- Les autres invités : Fabrice Fortner & Pierre Teulières
Fabrice Fortner est un spécialiste MAO (notamment pour la suite Ableton), il sera chargé d’animer le volet formation qui nous avons spécifiquement ajouté pour cette deuxième édition. Quant à Pierre Teulières, réalisateur, cadreur, monteur, il suivra l’ensemble des protagonistes de notre aventure congolaise et sera chargé de documenter leur périple.

- Le programme :
du 22 au 26 novembre : Brazzaville
du 27 au 28 novembre : Kinshasa (à confirmer)
du 29 novembre au 2 décembre : Pointe Noire

- Les partenaires :
Institut Français à Paris, Institut Français du Congo à Brazzaville et à Pointe-Noire, Ville de Toulouse, Ableton, Heineken

Facebook Event

Dossier de presse

 
La rentrée des festivals

Les mois de septembre, octobre et novembre sont traditionnellement riches en événements musicaux ... la sélection copinage des Siestes !

- A l’étranger

Parce que l’on aimerait bien voyager plus et parce que notre réseau ICAS est riche en festival de qualité :

New Forms @ Vancouver : du 13 au 16 septembre (avec Pilooski, Teebs, Legowelt, Kode9, Kangding Ray, Canblaster ...) Infos
Todaysart @ La Haye : 21 & 22 septembre (avec Ben Frost, Shigeto, Demdike Stare + Andy Votel, Pantha du Prince, Ei Wada, Nik Nowak, Roll the Dice ...) Infos
Numusic @ Stavanger : du 26 au 29 septembre (avec Lindstrom, The Field, Mouse on Mars, Phon.o, Raime, Taragana Pyjarama, Body/Head ...) Infos
Decibel @ Seattle : du 26 au 30 septembre (avec John Talabot, Ariel Pink, Actress, Byetone, Octave One, Machine Drum, Shlomo, Cut Hands ...) Infos
Mutek Mx @ Mexico : du 3 au 14 octobre (avec Elktro Guzzi, Nathan Fake, Dj Harvey, Tim Hecker, Laurel Halo, Sun Araw, Luke Abbott, Nils Frahm ...) Infos
Musikprotokoll @ Graz : du 4 au 7 octobre (avec Terre Thaemlitz, Felix Kubin, Marc Weiser, Martin Brandlmayr, Martin Siewert, Pole ...) Infos
Unsound @ Cracovie : du 14 au 21 octobre (avec Bass Cleff, Emptyset, Factory Floor, Julia Holter, Hieroglyphic Being, Slava, Shackelton, V/VM ...) Infos
Insomnia @ Tromso : du 25 au 27 octobre (avec Portable, Next Life, Jimi Tenor, Emika, Gus Gus ...) Infos

- En France

Elektricity @ Reims : du 24 au 29 septembre (avec Chassol, Sebastien Tellier, Brodinski, Nicolas Jaar, La Femmes ...) Infos
Aires Libres @ Marseille : 30 septembre (avec Mugwump, Baron Retif & Concepcion Perez, L’amateur) Infos
Electroni[k] @ Rennes : du 8 au 14 octobre (avec Artificiel, Brandt Brauer Frick, Cheveu, Lone, Mondkopf, Murcof, Redshape, Robert Henke, Roly Porter ...) Infos
Riam @ Marseille : du 16 au 27 octobre (avec Derek Holzer, Hervé Boghossian, Radian ...) Infos
Soy @ Nantes : du 31 octobre au 4 novembre (avec Godspeed You ! Black Emperor, Micachu, Nosaj Thing, Barn Owl, Six Organs of Admittance, Machinefabriek ...) Infos
Musiques Volantes : du 8 au 17 novembre (avec Zombie Zombie, Ty Segal, Numbers of Names, Factory Floors, Pantha du Prince, Ewert and the 2 dragons, Cheveu ...) Infos

- A Toulouse

Parce que la rentrée peut aussi y tenir son lot de promesse !

Electro Alternativ : du 15 au 30 septembre Infos
Acces-s @ Pau : du 10 au 20 octobre (Pau n’est pas si loin enfin ...) Infos
Jardins Synthétiques : du 18 au 21 octobre Infos
La Petite invite Worldwide festival : Du 31 octobre au 4 novembre Infos

 
Les Siestes @ Berlin

Invité par le festival CTM à participer à l’événement ICAS Suite, lui-même partie de la Berlin Music Week (équivalent allemand du Midem), Les Siestes présenteront le samedi 8 septembre une sélection pointue et un peu particulière de musiciens diggers.

Les Siestes tiennent à mettre l’accent sur une sous-caste que les anglo-saxons appellent les "diggers", personnages de l’ombre qui traquent les plus obscurs hits, amateurs éclairés qui font partager au monde leur plaisir de la découverte, héros des recherches savantes qui nous ravissent de pépites incroyables et souvent bouleversantes. Rendons hommage à ces musiciens qui fouillent, classent, collectionnent, archivent pour nous ce que la musique d’aujourd’hui et d’hier, d’ici et d’ailleurs, a à nous offrir de meilleur. Méditons à l’aune de leur redécouverte la fugacité d’un hit, la difficulté du marché de la musique, sa myopie chronique, mais surtout la persistance du plaisir musical comme un acte social indispensable.


Programmation

► PART 1 @ Prinzessinnengarten (Prinzen Strasse 35-38)
18h – 20h
Gratuit !

Dans un jardin, en plein air, Plapla Pinky et Doug Shipton rejoueront leur mix donné cet été au Musée du quai Branly : une sélection fine de pièces ethno issues des collection du Musée.

► PART 2 @ Monarch (Skalitzer Strasse 134)
21h – 6h
7€

Après l’écoute, décontractée, au Prinzessinnengarten, on enchaine sur une soirée en bonne et due forme où vous pourrez danser sur de la disco tamoul, du coupé-décalé sénégalais, de l’acid hongroise et peut-être un peu de chanson française déglinguée. Avec :

Jean Safran (Chez Jacki)
Brian Shimkovitz (Awesome Tapes From Africa)
Doug Shipton & Booty Carrell (Finders Keepers / B-Music)
Dj Arc de Triomphe (Cartilage Consortium)


ICAS Suite peut être considéré comme un festival de festivals ... Disons qu’avec notre réseau de festivals ICAS on s’invite à co-programmer des sortes de showcases qui agrégés les uns aux autres nous donnent des programmations plutôt alléchantes. Ainsi lors de cette ICAS Suite, outre la programmation proposée par Les Siestes, vous pourrez écouter Nguzunguzu, Pantha du Prince, Dj Maxximus, Morphosis, Cupp Cave, Sculpture ...

Plus d’infos sur http://www.ctm-festival.de/icas-sui...

 
Live Siestes 2012

Vous pouvez réécoutez ici les live ou dj set de Nils Frahm, Morphosis, Kassem Mosse, Plapla Pinky, Jean Nipon, Alan Bishop ...


TOULOUSE

PARIS

Et nos archives à partir de 2004 sont disponibles en écoute ici

 
Vidéos Siestes 2012

Un petit aperçu de ce que rendait cette onzième édition toulousaine qui a commencée par la canicule pour se terminer sous la pluie ... Les images sont de Pierre Teulières.

Nils Frahm @ Les Siestes Electroniques 2012


Elektro Guzzi @ Les Siestes Electroniques 2012


Funkineven @ Les Siestes Electroniques 2012


James Blackshaw @ Les Siestes Electroniques 2012


Kassem Mosse @ Les Siestes Electroniques 2012


Bruce Lamont @ Les Siestes Electroniques 2012


Luke Abbott @ Les Siestes Electroniques 2012


 
Les Siestes Paris

Les Siestes s’associent à nouveau avec le Musée du quai Branly et invitent 10 musiciens, venus d’horizons divers, à explorer le fond audio de sa médiathèque et à y puiser la matière première d’un mix. Tous les dimanches après-midi de juillet, venez les écouter en toute décontraction, dans le jardin du Musée.


- LES SIESTES @ PARIS du 1er au 29 juillet

Si la médiathèque du Musée du quai Branly a pour mission de collecter et d’acquérir des documents sonores de nature ethnomusicologique et de constituer ainsi l’une des premières collections au monde de ce type, si ce n’est la première – tant en quantité qu’en qualité, ce "trésor de l’Humanité" était jusqu’à présent seulement accessible aux chercheurs. En nous donnant l’autorisation exceptionnelle d’inviter des musiciens à prendre connaissance de ce fond, à s’y plonger et à en rendre état publiquement lors d’un concert de restitution gratuit, le Musée nous permet de vous faire découvrir une part importante de notre patrimoine sonore mondial. En effet si les musiques du monde ont depuis longtemps pris leur essor, il est bien rare de pouvoir écouter la part déterminante des musiques ancestrales qui ont pu leur donner naissance. Si l’on parle, par exemple, régulièrement de la musique populaire éthiopienne, qui connait les polyphonies des Dorzé ?

Programmation 2012 :
Plapla Pinky, Keith Fullerton Whitman, Hicham Chadly & Alan Bishop de Sublime Frenquencies, Sam Tiba, Jean Nipon, Marc Teissier du Cros de Record Makers, Doug Shipton de Finders Keepers Records, NLF3, Arandel.
Détails sur notre site > http://www.les-siestes-electronique... et sur le site du Musée > http://www.quaibranly.fr/fr/program...

Infos pratiques :
Tous ces concerts se déroulent au théâtre de verdure du Musée du quai Branly (voir photo ci-dessous), les dimanches après-midi, de 16 à 18h. Ils sont gratuits.

 
Après-midi Siestes 2012

Les Siestes sont réputées pour leur après-midi de concerts gratuites, en plein-air, en centre ville, dans un jardin public. Et de fait, rares, très rares sont les festivals qui offrent un contexte d’écoute aussi simple et détendu !


Cette année nous déménageons au jardin Compans Caffarelli, l’occasion de revisiter un classique. Changer de lieu pour un jardin plus intime. Retravailler les conditions d’écoute pour mieux tenir compte des usages (écoute plus ou moins sérieuse ou distraite). Renouveler la programmation pour favoriser une plus grande attention. Etre plus aventureux encore. Tel est notre pari pour les concerts diurnes de cette année !

Samedi 30 juin :
Saaad, Morphosis, Matthew Friedberger, James Blackshaw et Kassem Mosse

Dimanche 1er juillet :
Tom Terrien, Tanya Tagaq & Aymeric Hainaux, Bruce Lamont, Rhosyn et Luke Abbott

@ Jardin Compans Caffarelli // Boulevard Lascrosses - Toulouse
Gratuit - 16h30 x 21h

- LES EXTRAS AU JARDIN COMPANS-CAFFARELLI

Restauration Françoise Merlu
Snacking de qualité, les Françoise Merlu mettent les petits plats dans les grands, à des tarifs toujours très doux (de 2€50 à 5€).

Bar Grolsch
Bière fraiche pression, mais aussi jus de fruits et eau, le tout autour des 2€. Pas la peine de prendre le pack de son frigo ;)

Ateliers musicaux Emaho
15h - Eveil numérique & musical (5 - 10 ans)
16h - Captation des sons du quotidien (10 - 15 ans)
17h - Beat making (15 - 20 ans)
Réservation sur ateliers.siestes@gmail.com

Bibliothèque de Toulouse
Une BD à finir, un magazine à emprunter, la revue des Siestes à entamer, parce que musique et littérature font bon ménage, rdv un coin lecture de la bibliothèque de Toulouse.

Retransmission radio Campus.fm
Propulsé par Campus.fm, vous pourrez écouter l’intégralité des concerts sur 94FM. Si vous voulez apporter votre radio et vous caler dans un coin tranquille, c’est possible.

 
Soirée Club Siestes 2012

La traditionnelle soirée club de l’édition toulousaine des Siestes est souvent l’occasion de découvrir un nouveau lieu de fête éphémère et cette année ne dérogera pas à la règle puisque nous investirons exceptionnellement le gymnase Déodat de Sévérac ! Encore une soirée à part !


Grease, Carrie, The Virgin Suicide, Glee, Sauvez par le gong et même Retour vers le futur, les bals de promo dans un gymnase font désormais partie de notre psyché collective. Avec cette soirée au lycée, Les Siestes Electroniques revisiteront les codes de ces fameuses « prom night » en mettant notamment l’accent sur les groupes de bal. Beaucoup de live donc pour cette soirée club spéciale, de vrais groupes, du spectaculaire et du fun.

Elektro Guzzi Live
Elektro Guzzi c’est une guitare, une basse et une batterie, soit le live techno le plus hypnotique qui soit. Si cela peut apparaitre comme contradictoire sur le papier, en concert cet antagonisme supposé est balayé d’un simple revers de main par notre trio autrichien. Et si l’on pouvait craindre une transcription un peu scolaire, à la ligne, de la structure électronique, force est de reconnaitre qu’Elektro Guzzi a su garder, mieux incarner, ce qui fait l’énergie brute de la techno. Un must see en début de soirée pour commencer sur les chapeaux de roues.

Hypnolove Live
Le secret le mieux gardé de Record Makers revient avec un nouvel album. Et comme une partie conséquente du catalogue du label, il s’agit de revisiter une certaine idée de la France, décadente, désinvolte, mais dandy, avec une certaine classe qui n’est pas exempte de brio. Une touche de retro-futurisme de bon aloi est également présente et nous renvoie à certaines kitscheries années 80 dont on n’a cessé de se délecter dernièrement, parfois de manière coupable, il est vrai, mais toujours avec gourmandise.

Funkineven Live
Souvenons-nous de ce que disait Derrick May de la techno : « Comme si George Clinton et Kraftwerk se retrouvaient coincés dans un ascenseur ». La musique de Funkineven se situe totalement dans l’aire de cette définition : cosmique, psychédélique, sexy mais aussi cybernétique, rythmique et martiale. Comme un retour aux sources d’une techno enjouée et joueuse, un retour à la cellule souche qui donna naissance aussi bien à Afrika Bambaataa qu’à Cybotron. En résumé, une musique black aussi à l’aise dans ses dérivées acid house que broken beats.

Pional Live
Le madrilène Miguel Barros alias Pional excelle dans l’art de teinter sa disco-house de power-pop vocale. Autrement dit, on a affaire ici à des boîtes à rythmes inspirées, des synthés ailés, des refrains vocodés entêtants et de belles envolées mélodiques qui assument leur côté mélodramatique, voire même tendent franchement vers l’épique dans les moments les plus magiques. Bref, de belles chansons électroniques qui font danser les mains en l’air, les yeux fermés, le sourire aux lèvres.

John Talabot Dj set
Barcelonais enfant du Sonar, John Talabot exprime à la perfection ce que peut être la musique pop électronique du XXIème siècle. Synthétisant 30 ans d’histoire musicale, John Talabot n’invente rien à proprement parler, mais l’air du temps étant à la ré-exploitation, il participe de son époque en faisant jammer Depeche Mode, Ellen Alien, Animal Collective et SBTRKT sur fond de coucher de soleil de carte postale. Un syncrétisme éminemment contemporain qui tient du phénomène « best-of » (ne retenir que le meilleur) et un exotisme qui fait figure de ce que nos parents appelaient futur (un horizon meilleur), pour une musique qui se veut avant tout célébration des sens.

@ Gymnase Déodat de Séverac // 26 boulevard Déodat de Séverac - Toulouse
15€ // 23h x 5h
Places en vente sur Digitick, Ticketnet et Fnac
Places à tarif réduit, en série limitée, également en vente à la boutique Agnès b. Homme, rue du Coq d’Inde (12€)

Facebook Event

 
Inauguration Siestes 2012

Une inauguration toute en douceur. un concert intime, voir intimiste. Un piano et un homme se font face dans une cour. Le silence autour d’eux. Un moment rare, réservé aux 150 premiers.


Une soirée presque privée, pour confidents, familiers et inséparables. Une soirée pour ainsi dire domestique, lovée au cœur de ce que le patrimoine architectural toulousain a à offrir de plus beau : ses cours intérieures. Une soirée indéniablement spéciale, au plus proche des artistes.

Nils Frahm
Cela faisait longtemps que nous n’avions pas dédié une soirée au piano. C’est la découverte de la musique feutrée et raffinée de Nils Frahm qui a rendu cette nouvelle rencontre indispensable. Producteur émérite initié au piano par le professeur russe Nahum Brodski, l’un des protégés de Tchaïkovski, Nils est le dernier représentant d’une tradition désormais bien installée, celle des musiciens chevronnés qui n’ont pu se résoudre à choisir entre répertoire classique et pop. Nils Frahm se situe ainsi sur cette étroite péninsule que seuls les plus grands ont su défricher, Steve Reich en tête, encore et toujours, référence incontournable. La route empruntée par Nils pour rejoindre cet illustre aïeul est pavée d’un minimalisme qui fait sa marque de fabrique et d’un sentimentalisme qui fait sa force.

En collaboration avec Point de Fuite dans le cadre du festival d’art contemporain Courtoisie II
Avec le soutien du Goethe Institut

@ Hôtel de l’Archevêché // 24 rue Perchepinte - Toulouse
10€ // 20h30 x 22h (Attention, le concert commencera à l’heure !)
CONCERT COMPLET

Festival « Courtoisie II » : art contemporain & patrimoine

Avec Julien Alins, Pierre Clément, Pablo Garcia, Bertrand Arnaud & Juliette Chapelier, Collectif InOut (Julie et Marion Brusley), Sèm e serem… et également des conférences d’histoire de l’art contemporain et des cour(t)s-circuits en compagnie du photographe Yohann Gozard
Dans les cours des hôtels particuliers du centre-ville (Ostal d’Occitania, Hôtel de Resseguier, Hôtel de Thomas de Montval, Hôtel Bertrandi, Hôtel de l’Archeveché, Hôtel de la Roquette …)

Du 27 juin au 8 juillet
Du jeudi au dimanche, de 11h à 19h, entrée libre
Point info : Hôtel de Boysson-Cheverry, 11 rue Malcousinat
www.pointdefuite.net

 
Agnès b. aime Les Siestes

Agnès b. et Les Siestes s’associent pour pour défendre ensemble exigence esthétique et travail de qualité. Cette collaboration vous permet de vous rendre à moindre coût à la soirée club, mais aussi d’exprimer votre attachement à notre festival en vous procurant une enveloppe premium au contenu original.




- Places à tarif préférentiel pour la soirée club

Cinquante places pour la soirée club seront en vente à la boutique agnès b. Homme de Toulouse au tarif préférentiel de 12 euros. Le nombre étant limité, rendez-vous à partir du mercredi 23 mai. Les premiers venus seront les premiers servis.

Pour rappel, la programmation de la soirée : Elektro Guzzi, Hypnolove, Funkineven, Pional et John Talabot !
Plus d’infos sur cette belle soirée ici.

- Enveloppe Premium

Que vous soyez un adepte des Siestes depuis leur première édition ou un jeune amoureux du festival, vous pouvez exprimer votre attachement à notre cause en vous procurant l’enveloppe premium qui comprend une entrée à l’inauguration avec Nils Frahm au piano dans l’écrin singulier d’une cour d’hôtel particulier, une entrée pour la soirée club, ainsi qu’un bon pour retirer un teeshirt d’une série limitée à l’image du festival, un tote-bag original et un exemplaire de la nouvelle revue Audimat qui vous permettra d’appréhender le monde de la musique à travers le prisme des Siestes Electroniques. Ces enveloppes seront également disponibles à la boutique homme d’agnès b. Toulouse à partir du mercredi 23 mai.
Prix : 40€

Boutique agnès b. Homme
11, rue du coq d’Inde
31000 Toulouse

Horaires
Lundi : 14h-19h
Mardi-Samedi : 10h30-13h & 14h30-19h

Couleur disponible : blanc, noir, bleu clair

 
Les Siestes à Abu Dhabi

le 6 juin, Les Siestes invitent Mo Laudi et Etienne Tron à se produire au Manarat Al Saadiyat Cultural Center d’Abu Dhabi, sur la fameuse "île aux musées".


Dans le cadre de l’exposition "Treasures of the World’s Cultures", en partenariat avec l’Institut Français des Emirats Arabes Unis, l’Alliance Française d’Abu Dhabi et le TDIC, Mo Laudi et Etienne Tron, du crew Secousse, ouvriront et fermeront respectivement cette soirée spéciale où l’exposition du British Museum se vivra en version live.

 
Les Siestes 2012

Quelques nouvelles quant à notre édition 2012 des Siestes Electroniques, à Toulouse mais aussi à Paris !


Si nous avons paradoxalement eu quelques peines pour mettre en place la 11ème édition de notre festival à Toulouse, notre 2ème édition parisienne roule depuis longtemps !

- LES SIESTES @ PARIS du 1er au 29 juillet

Plapla Pinky, Keith Fullerton Whitman, Hicham Chadly & Alan Bishop de Sublime Frenquencies, Sam Tiba, Jean Nipon, Marc Teissier du Cros de Record Makers, Doug Shipton de Finders Keepers Records, NLF3, Arandel.

Tous ces concerts se déroulent au théâtre de verdure du Musée du quai Branly les dimanches après-midi, de 16 à 18h. Ils sont gratuits.
Programmation détaillée ici.

- LES SIESTES @ TOULOUSE du 28 juin au 1er juillet

John Talabot, Pional, Kassem Mosse, Morphosis, Matthew Friedberger (The Fiery Furnaces), Bruce Lamont (Yakuza), Elektro Guzzi, James Blackshaw, Rhosyn, Luke Abbott, Hypnolove, Funkineven, Aymeric Hainaux & Tanya Tagaq, Saaad, Tom Terrien ...

Programmation détaillée ici.

A très vite !

 
En attendant cet été

Quelques playlists Spotify à écouter en attendant d’être fin juin/début juillet :)


Une première playlist publiée cet automne (incluant des titres de The-Dream, Grovesnor, Jai Paul, The Stepkids, Hieroglyfic Being ...)

Une deuxième qui explore une veine plus ambiant (avec des titres de Julianna Barwick, Roll the Dice, Sbtrkt, Buce Lamont ...)

Une troisième enfin qui recense quelques perles où l’on ne sait qui des jambes ou du cerveau sera plus à même d’apprécier (avec des titres de Colin Stetson, Fuck Buttons, Pete Swanson, Factory Floor ...)

Toutes nos playlists sont écoutables via Spotify. Si vous n’avez pas encore installé le lecteur Spotify sur votre ordinateur, rendez-vous sur http://www.spotify.com/fr/

 
Appel à projet ECAS

Le réseau ECAS (European Cities of Advanced Sound), auquel nous sommes associé, lance un appel à projet pour deux oeuvres musicales et/ou interactives.


Les oeuvres proposées devront répondre au thème suivant "Bridging cultural sectors and different media, and enabling citizen innovation". L’idée est d’explorer la manière dont les nouvelles approches du son, de la production musicale, peuvent influencer, voir réunir, les autres arts et en quoi cela implique une nouvelle définition de la relation avec les spectateurs.

Nos objectifs sont dès lors de pouvoir réunir des artistes qui ne cotoient par forcément les mêmes "univers" et ce faisant permettre à un public plus large et plus hétérogène de découvrir une part vivante et stimulante de la création contemporaine.

Les oeuvres proposées devront obligatoirement être des oeuvres originales et avoir un lien avec la musique même si elles peuvent largement s’affranchir des règles en vigueur et explorer d’autres domaines artistiques.

Deux projets seront sélectionnés et dotés d’un budget de 5000€ ce à quoi s’ajoute un budget maximum de 5000€ pour couvrir les frais de réalisation (donc 2x10 000€ en tout pour les deux futurs lauréats).
Les oeuvres ainsi produites seront présentées au public lors des festivals suivants : CTM (Berlin), Musikprotokoll (Graz), Skanu Mezs (Riga) and Unsound (Cracovie).

Date limite de dépôt des candidatures : le 31 mars 2012.

Proposer votre projet en ligne ici.

 
Herman Kolgen à Toulouse

Invitées par la Ville de Toulouse à participer à la Novela, Les Siestes Electroniques (avec la complicité des associations La Petite et Regard) invitent l’artiste canadien Herman Kolgen à se produire pour la première fois à Toulouse.


Avec sa bouille à la Jean-Pierre Coffe, Herman Kolgen donne une impression joviale mais on a un peu du mal à l’imaginer en alter ego d’un Ryoji Ikeda. Et pourtant, l’homme est un habitué des festivals numériques de pointe (Mutek, Elektra, Nemo, Transmediale, Ars Electronica) et y collectionne les prix. Sa pièce Dust, que nous lui avons spécialement réclamée pour l’occasion toulousaine, est, à nos yeux, l’une de ses plus originales. Hermann Kolgen s’y éloigne quelque peu d’une certaine esthétique numérique pure et dure pour gagner en corporalité ; l’ensemble de la pièce s’incarner alors avec d’autant plus de force et de sensualité aux yeux du spectateur. Inspiré par Marcel Duchamp, la poussière s’y dépose, se sédimente, virevolte, s’agglomère et explose dans un ballet hypnotisant.

Samedi 22 octobre
Herman Kolgen @ La Novela
avec Soguru Goto et Ryoji Ikeda
Musée des Abattoirs (plein-air) // 76 Allée Charles de Fitte - Toulouse
23h // 0€

A noter, que se produiront, la veille, Addictive TV et le lendemain, Planningtorock, Pierre Henry et Modeselektor !

http://novela.toulouse.fr

 
Les Siestes à Berlin

Le 10 septembre, on s’offre un bis repetita. Bis repetita parce que, pour la deuxième fois de l’année, à l’invitation de Club Transmediale, nous organisons un événement à Berlin. Bis repetita, parce que nous y invitons Jess & Crabbe et le Secousse Sound System pour une soirée "Africa is the future" :)


Le festival berlinois Club Transmediale, avec lequel nous avons co-fondé le réseau ICAS en 2007, a eu la bonne idée d’inviter certains des membres de notre réseau pour la Berlin Music Week. Du mercredi 7 au samedi 10 septembre, 18 festivals du monde entier (Mutek, Todays Art, Unsound, Sperm, Full Pull ...) se réunissent donc dans le quartier de Kreuzberg à Berlin pour organiser une multitude d’événements.

Pour notre part, nous serons au Monarch le samedi 10 septembre avec Dj Zhao, Secousse Sound System et Jess & Crabbe.

Les autres artistes invités : 2562, Robert Lippock, Islaja, Midaircondo, Antilles, Jac Bérrocal / Vincent Epplay / David Fennec, Deadbeat, The Mole, Mokira, Dirk Dresselhaus ...

Le programme détaillé, jour par jour

 
Les Siestes au Quai Branly

Nous avons été extrêmement chanceux de pouvoir travailler avec le musée du Quai Branly cet été et nous sommes heureux et fiers du résultat ! Le musée du Quai Branly étant le plus grand musée au monde consacré aux cultures non occidentales, nous avions décidé de n’exploiter que les ressources audio disponibles dans les collections du musée. Les dj sets ici présentés sont donc un peu particulier et font la part belle aux musiques ethnologiques.



- la collection de documents sonores du musée

La médiathèque du musée du Quai Branly réunit une collection de documents sonores et audiovisuels unique. Cette collection privilégie les supports numériques pour la conservation et la consultation des documents. Elle compte plus de 4000 CD et 3000 DVD acquis dans le circuit commercial et non commercial. Elle comprend également un fonds de documents analogiques, numérisées ou en cours de numérisation (disques 78 tours, 33 tours, bandes magnétiques, cassettes audio et vidéo) ainsi que des archives privées inédites.
La collection discographique comprend des enregistrements de musiques de tradition orale ainsi que des documents sonores parlés (contes, poésies, discours etc.) issus de collectes de terrains, de captations de concerts ou d’archives institutionnelles.

Les documents sonores de la médiathèque

- Les dj sets

Nous ne vous présentons ici qu’une partie des dj sets donnés du 3 juin au 10 juillet dans les jardins du musée. Chacun est particulier. Si Brian Shimkovitz du blog Awesome Tapes From Africa et Laureant Jeanneau ont choisit d’explorer une partie précise du globe et donc des collections du musée (l’Afrique sub-saharienne pour Brian, l’Asie du Sud-Est pour Laurent), les deux abordent leur mixs différemment : Brian a décidé de ne pas mixer les morceaux originaux qui s’enchainent selon un ordre précis (de la forêt jusqu’au désert, chaque morceaux présentant les instruments ou chants typiques des zones "traversées") ; Laurent, quant à lui, prend la liberté de recréer des ensembles musicaux virtuels en assemblant différentes parties instrumentales qu’il a lui même enregistré sur le terrain, pour autant aucun effet n’est rajouté et la cohérence des groupes ethniques est respectée. Romain BNO et Franq de Bimbo Tower ont, pour leur part, opté pour une approche plus strictement musicale, dirons-nous. Leur mixs forment un long continuum hypnotique où l’on passe de l’Asie à l’Afrique en passent par le Moyen-Orient et où seul la beauté des formes compte.










Vous trouverez le trackslisting complet de ces dj sets en cliquant sur les players ci-dessus ainsi que quelques clefs de compréhension ci-dessous.

Sélection commentée d’albums joués par Romain BNO

Tibet – Traditions rituelles des Bonpos / Ocora
Au Tibet, les Bonpos (qui pratiquent la religion Bon, considérée comme l’ensemble des croyances pré-bouddhistes) ne se reconnaissent pas comme bouddhistes, mais partagent avec eux quelques principes et expériences mystiques, tels la recherche de l’état transcendantal, l’ "éveil". Certaines de ces croyances survivent aujourd’hui, même si elles sont adaptées aux circonstances nouvelles de l’exil de la fin des années 50. Au Nord-Ouest de l’Inde, il existe une communauté qui a su réhabiliter ses traditions, grâce à l’appui de l’abbé Sangye Tenzin Jongdong, figure centrale pour les Bonpos d’aujourd’hui. Les enregistrements présents sur cet album illustrent différentes modalités des activités religieuses des Bonpos, à travers leur chant et leur récitation psalmodique. C’est l’occasion de découvrir les aspects musicaux d’une tradition rituelle ignorée tant chez les occidentaux que ches lez Tibétains eux-mêmes.

Albanie, Pays labë – Plaintes et chants d’amour / OCORA
Situé au Nord de l’Albanie, le pays labë s’étend sur une zone montagnarde, et est constitué d’une centaine de villages dont les habitants sont, chaque année, moins nombreux. La perte de nombreuses fêtes et traditions culturelles albanaises est en partie le fruit de cette forte émigration. Malgré cela, la musique labë est omniprésente en Albanie du Sud et s’entend partout, mais c’est la table qui constitue le cadre le plus authentique de la polyphonie : les chanteurs s’y côtoient, se regardent et contrôlent ensemble leurs expressions et leur voix…. Se crée ainsi un jeu d’interactions dans lequel la justesse sociale est intimement liée à la justesse vocale. Cet enregistrement présente les trois genres majeurs de la polyphonie labë : les lamentations (vaj), les chants d’amour (dashuri) et les chants épico-historiques.

Roumanie : musique de villages Runc et les villages du Gorj / VDE-Gallo
Entre 1933 et 1943, Constantin Brailoiu –considéré comme l’un des pères de l’ethnomusicologie- et ses collaborateurs ont enregistrés les musiques de différents villages de Moldavie, d’Olténie et de Transylvanie. Un coffret de trois disques compacts a ainsi été publié à la fin des années 80. Sous le label "Choc du monde de la musique", ce coffret, en offrant la source vive de la tradition populaire roumaine, est aussi un plaidoyer musical contre sa disparition. Romain BNO explique : "J’ai choisi ce morceau pour rendre hommage à Constantin Brailoiu. Dans cet album, chaque pièce retenue nous donne le sentiment d’avoir la chance prodigieuse, comme l’exprimait poétiquement Brailoiu ‘de voir un monde spirituel sans âge et sans corps émerger à la surface du visible et du présent’."

Sélection commentée d’albums joués par Franq de Bimbo Tower

I remember Syria / Sublime Frequencies
Méconnu culturellement de l’Occident pendant des décennies, la Syrie n’en garde pas moins un patrimoine culturel riche, que ce soit dans les arts plastiques ou la musique. Enregistré et "chirurgicalement-assemblé" par Mark Gergis lors de ces deux voyages à Damas en 1998 et 2000, I remember Syria est un véritable documentaire virtuelle de la capitale syrienne, mélangeant des sons issus de scènes de rue, de la fête d’un mariage ou d’une cérémonie religieuse, émissions de radio… Le label Sublime Frequencies, basé à Seattle et mené par Alan Bishop, est un véritable laboratoire d’explorateurs musicaux et de chasseurs de sons : révéler les faces sonores cachées d’un pays à travers les musiques traditionnelles ou actuelles, mais aussi des films, des enregistrements de rue, des programmes radio et toutes sortes d’expressions orales (chantées ou parlées)… voila la mission que s’est fixé le label. Sublime Frequencies se concentre non seulement sur la culture et l’esthétique de ces civilisations dites "en voie de développement", mais essaye d’en relever les détails, les curiosités, les petits riens, en voie de disparition. Pour Franq de Quengo, "Sublime Frequencies, c’est un peu les punk de l’ethnomusicologie. Ils ont vraiment amenés quelque chose de nouveau dans les musiques traditionnelles".

Afghanistan - Musiciennes d’Hérat / UNESCO Collection
Hérat étaient célèbres pour ces musiciennes professionnelles appelées "les Golpasand", du nom du patriarche de leur clan, mort vers 1970. Etant donné la ségrégation stricte des sexes, femmes et hommes se produisaient rarement ensemble. La culture musicale des femmes était axée sur la pratique collective du chant et de la danse, exécutée pour le simple plaisir ou à l’occasion de certaines cérémonies. Enregistrées entre 1973 et 1977 par Véronica Doubleday et John Baily, ces chants offrent un aperçu de la musique telle que pratiquée en privé par les femmes et les jeunes filles dans les années 1970, avant que la guerre civile ne mette en péril les traditions culturelles afghanes. Touché par le rythme spécifique au jeu des femmes dans ces musiques, Franq de Quengo (qui est également batteur) a sélectionné cet extrait pour la particularité du statut de la femme musicienne à Hérat : en dépit d’un statut social plutôt bas, elles étaient très appréciées de leurs auditoires. La musique permettait, de plus, d’échapper temporairement à la domination masculine.

Sélection commentée d’albums joués par Laurent Jeanneau

Bangladesh. Orgues-à-bouche, rituels des Murung / Enregistré à la Maison des Cultures du Monde INEDIT
Les Murung sont un peuple semi-nomade des collines, à l’ouest du Bangladesh. Contrairement à leurs voisins, les Murung ne sont ni hindouisés, ni christianisés, ni islamisés : Leur religion, celle des esprits, est fondée sur de nombreuses divinités en relation avec les plantes, les animaux, les pierres et les cours d’eau. Le plung, orgue-à-bouche fabriqué à partir d’une calebasse et de tubes en bambou, est l’instrument privilégiée des hommes célibataires pour le sachiacum (acte sacrifiel, pivot spirituel et social des Murung), mais aussi pour les funérailles, les fêtes de moisson et les rencontres avec les jeunes femmes. Selon les circonstances, il peut être joué par un ou deux individus –dans ce contexte intimiste, l’instrument diffère un peu et est alors appelé rina plung –, ou au sein d’un orchestre de dix à vingt instruments répartis en famille en fonction de leur taille, qui peut atteindre les deux mètres ! Pour Laurent Jeanneau, qui a fait plusieurs enregistrements d’orgue-à-bouche, "cet ensemble a vraiment quelque chose de particulier, une transe répétitive commune aux cérémonies animistes qui me touche."

Hani in China volume 1 / Kink Gong
Les Hani sont l’une des minorités ethniques vivant en Chine. Ils sont un million et demi dans la partie sud du Yunnan (Sud-ouest de la Chine, au-dessus du Laos et du Vietnam). Il existe un modèle de chant "traditionnel" chez les Hani, mais cette manière de chanter est constamment réadapter et réapproprier par les chanteurs, en fonction du contexte. Beaucoup de ces chansons suscitent de fortes émotions chez les interprètes, qui peuvent se traduire par des larmes lors du chant. Laurent Jeanneau, qui a lui-même enregistré ces musiques, explique : "ce sous-groupe Baina Hani est un exemple exceptionnel d’un ensemble vocal de sept femmes, et de trois hommes instrumentistes (deux petits instruments à cordes, et une flûte). Il s’agit là d’un minimalisme, d’une nostalgie très sophistiquée, qui pousse l’émotion à son maximum."

Tha : Flat gongs in Cambodia and Laos / Kink Gong
Les gongs Tha sont des gongs plats qui se jouent par deux. Dans cette partie du Sud- Est de l’Asie (tant au sud du Laos qu’au nord du Cambodge), de nombreux sous-groupes de l’ethnie Brao ont développés une manière unique d’utiliser ces gongs. Laurent Jeanneau : "pendant cette période (entre 2003 et 2006), j’ai enregistré de multiples ensembles de gongs dans les zones de minorités ethniques du Cambodge et sud-Laos. Dans cette région, les gongs sont les instruments privilégiés pour entrer en communication avec les esprits lors de cérémonies animistes. Pour ces enregistrements, j ai choisi le Tha, une paire de gongs plats attachés à une structure et frappés de chaque côté par deux hommes qui utilise deux maillets". Avec ces maillets, l’un des hommes frappe l’intérieur des gongs tandis que l’autre frappe l’extérieur. Cette structure permet ainsi permet ainsi de varier et de développer différents motifs, et engendre "une évolution rythmique et des combinaisons beaucoup plus complexes qu’elles n’y paraissent". L’originalité de cette technique a permis à Laurent Jeanneau d’expérimenter de nouvelles sonorités grâce aux divers ensembles de gongs enregistrés : "dans cet album, j’ai profité de l’occasion pour mixer plusieurs sessions de Tha afin de corser les déclinaisons rythmiques et les textures différentes de gongs".

Sélection commentée d’albums joués par Awesome Tapes From Africa

Generali Habyarimana : Polyphonie des Twa du Rwanda / Fontimusicali
Les Twa représentent à peine 1% de la population au Rwanda et font partie de l’ensemble des populations pygmées répandues à travers toute l’Afrique centrale. Dans la musique Twa, le caractère vocal est prédominant (les instruments de musique étant limités aux grelots amayugi portés par les danseurs et au petit tambour à peau ruharage, utilisé comme soutien rythmique). Brian Shimkovitz explique : "J’ai cherché à comparer les pratiques musicales entre les régions forestières et la savane. Actuellement, de nombreux groupes ethniques désertent les forêts et leurs modes de vie traditionnels, à cause de bouleversements politiques et économiques. Une des particularités de la musique pratiquée dans ces zones est son caractère collectif et harmonieux – à l’image de la façon dont les Twa des forêts vivent ensemble". L’extrait présenté ici loue les qualités de Juvénal Habyarimana, président du Rwanda de 1973 à 1994.

Louange de l’Ambassadeur de Yola : Nigeria, Musique Haoussa – traditions de l’Emirat de Kano / Enregistré à la Maison des Cultures du Monde
Les Haoussa constituent par leur nombre l’un des plus importants peuples d’Afrique. Traditionnellement, les Haoussa étaient organisés en Etats dirigés par un émir. Aujourd’hui, si ces émirs ne conservent plus qu’un pouvoir symbolique, ils représentent pour les musiciens des protecteurs actifs. A l’exception des musiciens de l’émir, les autres ont un statut semi-professionnel et pratiquent surtout la musique pour célébrer les événements commandités par les princes. Contrairement à l’extrait précédent, la polyphonie vocale est absente des musiques haoussa : les musiciens préfèrent le jeu "à tour de rôle", d’où découle de nombreuses formes responsoriales (sorte de « dialogue » entre différentes parties). Ce chant présenté loue le peuple peul des villes de Yola, à l’Est du Nigeria.

La musique warrior : Music of the Dagomba from Ghana / Smithsonian Folkways Recordings
Au nord du Ghana, les populations sont extrêmement mobiles. Il existe ainsi un brassage culturel très riche dont la musique, fruit de nombreuses influences voisines aux Dagomba, représente un bon exemple. Cet album regroupe des enregistrements réalisés non seulement au Nord du Ghana, mais aussi sur un territoire beaucoup plus large. En suivant les musiciens migrants, Verna Gillis propose un tableau sonore des diverses expressions musicales Dagomba. Brian Shimkovitz : “Les Dagomba du Nord du Ghana ont toujours été intéressants pour moi. Ils vivent dans une région qui change très rapidement et où l’agriculture est devenue plus difficile. En général, les différents groupes ethniques du Ghana jouent des cornes et des xylophones, le plus souvent en solo ou en duo, à la différence des communautés vivant en forêt. Voilà un exemple de ce que j’aime."


© musée du quai Branly, photo Pomme Célarié

© musée du quai Branly, photo Pomme Célarié

© musée du quai Branly, photo Cyril Zannettacci
 
Siestes 2011 : les lives

Retrouvez ici en streaming les enregistrements live de Secousse, Dirty, Lucrecia Dalt, Lone et Umberto













Le back-to-back entre Ata et Prins Thomas lors de notre soirée club est également en écoute sur Fluokids : Part 1 / Part 2 / Part 3 / Part 4

Et n’oubliez pas que nos archives audio de 2004 à 2010 sont également en écoute ici.

 
Siestes 2011 : les vidéos

1 minute par artiste filmé par Pierre Teulières, pour se rappeler les bons moments de cette 10ème édition, pour envoyer à ses amis, pour se faire une idée de ce que l’on a manqué ...


























 
Siestes 2011 : Jour 3 & 4

Un pique-nique entre amis en bord de Garonne le week-end, c’est toujours agréable, mais quand, en plus, on peut assister à des concerts étonnants, stimulants, dansants ... bah c’est le top, tout simplement :)


Samedi 25 juin * Prairie des Filtres * 16h > 22h * Gratuit !

CADIK TRAVEL AGENCY
Revenus de tout, du communisme, de la easyjetsetisation de leur capitale, d’une vie nocturne à la fois débridée et contrainte, les Hongrois de Cadik Travel Agency ont réussi à affranchir leur dubstep d’une influence anglaise parfois encombrante et à l’amener en des territoires inconnus jusqu’alors, en des terres plus abstraites mais loin d’être désolées.

LUCRECIA DALT
Au premier abord, la musique de Lucrecia Dalt pourrait être qualifiée de guillerette electro-pop à la mode « Morr Music » (ce qui nous ramène aux premières éditions des Siestes !) mais il y a un petit quelque chose en plus que nous avons mis du temps à identifier, une certaine rugosité qui fait tout le sel de ses chansons. Peut-être Lucrecia a-t-elle écouté longtemps les cassettes de His Name is Alive, car on retrouve une même « complexité limpide » assez étrange et déstabilisante dans ses chansons.

VILLA NAH
La synthmusic à son meilleur niveau depuis bien longtemps (nous irions même jusqu’à dire depuis A-ha ou Ultravox) ! La fameuse mélodie au synthé qui fait toute la différence, aussi simple qu’imparable, certifiée sifflable sous la douche ; la large part réservée au chant, un chant androgyne, quelque peu lyrique, éminemment émotionnel ; une ambiance sombre mais au fond terriblement fleur bleue ; tout y est !

LONE
God save the Queen … and Lone qui a réussi à synthétiser dans son studio l’essence même des musiques électroniques « made in UK ». Une gageure quand on sait la richesse du terreau insulaire. En ne quittant donc jamais les terres d’Albion, Lone explore un monde clos mais incroyablement vaste : de la protohistoire Acid House aux récents développements UK Funky et Dubstep en passant par les riches heures warpiennes.


Dimanche 26 juin * Prairie des Filtres * 16h > 22h * Gratuit !

UMBERTO
Du fin fond du Kansas provient une musique sortie de la nuit des temps : une mustang roule sur une route de campagne, un pick-up apparaît dans le rétroviseur, la poursuite s’engage, elle se terminera dans un bain de sang. Bien que très clairement inspirée des BO des films d’horreur des années 70, et notamment du travail de Goblin sur les images de Dario Argento, la musique d’Umberto a cependant un petit quelque chose en plus de vaguement électronique qui la relie, de manière inattendue, à celle de Daft Punk.

CONNAN MOCKASIN
La Nouvelle-Zélande est certainement un pays étrange pour donner naissance à une figure musicale comme Connan Mockasin. A moins que cela n’ait peut-être rien à voir avec la géographie réelle du monde et que Connan Mockasin, tel Peter Pan ou Sid Barret dans un autre registre, se soit réfugié dans un monde fantastique parallèle où la pop music est aussi belle qu’intrigante, aussi spontanée qu’entêtante.

JAMES PANTS
Voodoo sympathique, capable de faire écouter du funk à des fans de Mogwai, du krautrock à des fans de Madlib, du rap à des fans Cyndi Lauper, James Pants est une sorte de Jesus next door réunissant les peuples musicaux. Alors que certains multiplient les niches et sous-genres comme des petits pains, un tel syncrétisme est à louer. Que ceux qui craignent la Babel moderne soient rassurés, on est ici en terre promise : Alléluia !

JESS & CRABBE
On a mis du temps à démêler le parcours des vétérans Jess & Crabbe, entre explosion jungle, fausse queue de comète french touch et retour au punk. Mais finalement, on a compris qu’ils étaient les pionniers d’un groove façon « sono mondiale » aussi frais et sexy que sauvage. L’énergie hypnotique de la danse comme fil conducteur, le remue-popotin du pogo au kunduro. La boucle est bouclée.

Sur place, restauration à partir de 3€, bière à 2€50, vin 2€ ...

 
Siestes 2011 : Jour 1 & 2

Pour leur 10ème édition Les Siestes Electroniques vous offrent 4 jours de concerts gratuits et s’installent donc dès le jeudi soir à la Prairie des Filtres. Vous pourrez donc profiter d’encore plus de concerts "découverte" cette année et du coup on ne va pas se priver : le jeudi, en première française, on reçoit les sud-africains de Shangaan Electro et le vendredi, on offre en exclusivité une carte blanche à Arnaud Fleurent-Didier.


Jeudi 23 juin * Prairie des Filtres * 18h > 22h * Gratuit !

DJ TRON
C’est l’histoire d’un blanc qui voulait devenir noir, ou peut-être celle d’un bourgeois qui voulait s’encanailler, peu importe … C’est une sorte de Douanier Rousseau qui rêve d’un exotisme universel et atemporel. Quoi qu’il en soit, Etienne Tron, moitié de Radioclit, s’y connaît mieux que quiconque en funana cap-verdien, coupé-décale ivoirien, merengue caraïbéen comme en juke de Chicago et ses récentes recherches dans le fond audio-ethno du Musée du Quai Branly l’ont rendu encore plus expert, peut-être même magique…

SHANGAAN ELECTRO Le Shangaan Electro est un style de musique propre à l’Afrique du Sud relativement récent. Il s’inspire du Shangaan Disco, mais remplace l’ensemble des parties de guitare et basse par des jeux de marimba haut perchés. Un son super cheap, ultra synthétique, aussi artificiel que le goût d’une fraise Tagada, tonalités de « casserole », le Shangaan Electro a tout pour fatiguer … et pourtant il envoûte immanquablement. Ses mélodies notamment sont extraordinaires : répétitives à souhait, elles sont aussi simples que totalement additives.


Vendredi 24 juin * Prairie des Filtres * 18h > 22h * Gratuit !

DIRTY SOUND SYSTEM
La création d’Aymeric Hainaux et Tanya Tagaq est annulé du fait de la grossesse de Tanya ...

On doit à DIRTY d’avoir sorti la myriade d’edits de Pilooski, on leur doit également d’avoir incubé le projet Discodeine et de nous avoir biberonné depuis 2003 avec des compilations plus belles et plus étranges les unes que les autres (la dernière "I remember the first time I heard your voice" est d’une beauté sidérante). On leur doit ainsi de nous avoir fait grandir musicalement, de nous avoir décomplexé sur certains sujets, de nous avoir fait découvrir de nombreux artistes, d’avoir élargi nos horizons esthétiques ... bref, on leur doit beaucoup et nous sommes très heureux de leur présence à Toulouse même si les circonstances auraient pu / auraient du être meilleures.

ARNAUD FLEURENT-DIDIER
Arnaud Fleurent-Didier met en musique l’image d’une certaine France : littéraire, mi-révolutionnaire mi-bourgeoise, gentiment fofolle, un peu anachronique. Les images de Truffaut, Doisneau, Dewaere se bousculent alors. Et si l’on qualifierait volontiers cette France d’irréelle (surannée ?), on ne peut s’empêcher de vouloir y adhérer. Un peu comme ces chansons italiennes que l’on écoute à l’amorce de l’été : elles ne nous disent strictement rien de l’Italie d’aujourd’hui mais nous emplissent le cœur.

Sur place, restauration à partir de 3€, bière à 2€50, vin 2€ ...

 
Siestes 2011 : Soirée Club

Un lieu qui domine toute la ville, démesuré, un son racé, sophistiqué, un levé de soleil que l’on regardera d’un air hébété, une dernière cigarette aux lèvres. Une parenthèse éphémère, exutoire magnifique, qui s’évaporera pour ne réapparaître que l’été suivant. Le souvenir ému d’une grande et belle fête. Attention : cette soirée est complète ! Aucun ticket ne sera vendu sur place.

ROBERT JOHNSON LIVE
Comment un petit club, d’une capacité de 200 personnes, situé dans la banlieue de Frankfort, peut-il être régulièrement cité parmi les meilleurs clubs du monde ? Par engagement (Ata, son propriétaire est également patron des labels Ongaku Music, Playhouse et Klang Elektronik), par persévérance (le club fêtera avec nous son 12ème anniversaire), par exigence (la programmation y est tout simplement irréprochable) ! Lorsque le Robert Johnson nous a ainsi abordés de la manière suivante « entre petits aux ambitions démesurés, on devrait se comprendre » nous ne pouvions dès lors que tomber d’accord …

ATA
Cet homme a découvert Roman Flügel, LoSoul, Alter Ego, Isolée, Villalobos et offert au monde quelques-uns des plus beaux anthems de la musique électroniques des 00’s.

ARTO MWAMBE
Claviers et TR-808. Un live house à l’ancienne qui ne se refuse aucune digression cosmique.

OLIVER HAFENBAUER
L’homme de l’ombre qui fait tourner la baraque : en un mot, essentiel. Si le garçon est inconnu aujourd’hui, il ne le sera plus demain, pour sûr.

PRINS THOMAS
L’homme a le panache d’un esthète sûr de ses goûts, la grandiloquence d’un intellectuel fier de ses convictions et la fulgurance d’un athlète confiant dans ses capacités. Epiques et raffinés, les mixs de Prins Thomas, l’autre « étoile du Nord de la Nu-Disco » avec son acolyte Lindstrom, représentent ainsi toujours un moment de grâce assez surréaliste où se croisent dans un immense continuum kraut-rock, house, early electronic et funk des plus torrides, comme si toute la musique produite ces 50 dernières années n’était qu’une et indivisible.

Vendredi 24 juin * Espaces Vanel – 6ème étage de la médiathèque José Cabanis * 23h > 6h * 10€
Restauration et bar sur place - à partir de 3€

Attention : cette soirée est complète ! Aucun ticket ne sera vendu sur place.

 
Les Siestes @ Paris

Du 3 juin au 10 juillet, retrouvez un extrait des siestes toulousaines à Paris, tous les week-ends, dans les jardins du musée du Quai Branly. Avec Débruit, Secousse, The Berg Sans Nipple, Pilooski, Awesome Tapes From Africa, Romain BNO, Laurent Jeanneau et Bimbo Tower.


Il y aurait beaucoup de choses à dire sur ce partenariat entre Les Siestes Electroniques et le musée du Quai Branly et on aurait d’ailleurs aimé rédiger un texte fin et frais à ce propos, une belle note d’intention qui aurait expliquée le pourquoi du comment et surtout en quoi notre propos évolue, grandit, grâce à de tel projet ... mais à quelques semaines du festival toulousain, le temps, les heures de sommeil et donc les mots nous manquent, désolé.

On se contentera donc de vous dire que ce qui fait l’essence des Siestes est ici transposé : une programmation exigeante, intransigeante, un cadre agréable, à la cool, et bien-sûr la gratuité des concerts.
On vous précisera que la spécificité de ce projet réside dans le fait que tous les musiciens invités ont exploré le fond audio du musée pour y piocher une partie de ce que vous pourrez y entendre et que ce fond est tout simplement d’une richesse incroyable et certainement inégalée et comprend des enregistrements originaux de musiques de tradition orale, des enregistrements de terrains, des captations de concerts ... et ce, des 4 coins du monde.

La programmation :

- Vendredi 03 juin à partir de 19h30 (inauguration) > Débruit - Musique Large
- Samedi 04 juin de 15h à 19h > Etienne Tron, Mo Laudi & Mo Dj - Secousse
- Dimanche 05 juin de 15h à 17h > Franq de Quengo - Bimbo Tower
- Dimanche 12 juin de 15h à 17h > The Berg Sans Nipple
- Dimanche 19 juin de 15h à 17h > Romain BNO
- Dimanche 26 juin de 15h à 17h > Laurent Jeanneau
- Dimanche 03 juillet de 15h à 17h > Pilooski
- Dimanche 10 juillet de 15h à 17h > Awesome Tapes from Africa

Biographies des artistes invités ici
Facebook Event ici

 
Siestes 2011 : Playlist

Tout simplement la playlist "officielle" du festival ... le meilleur moyen de se familiariser avec notre programmation 2011 !


En écoute sur Spotify et sur Deezer.

La sélection est légèrement plus complète sur Spotify ...
Spotify est un logiciel de streaming qui vous donne accès à un large catalogue de musique. Il suffit pour cela de télécharger l’application ou le logiciel sur www.spotify.com.

12 morceaux - 52 minutes

Radioclit (Dj Tron) - Tutule Dance
Tshetsha Boys (Shangaan Electro) - Nwampfundla
Tanya Tagaq - Burst
Arnaud Fleurent-Didier - Ne sois pas trop exigeant
Lucrecia Dalt - Too Much Light
Villa Nah - Running On
Lone - Rissotowe_4
Umberto - Someone Chasing Someone Through a House
Connan Mockasin - Please Turn Me Into The Snat
James Pants - Do a Cpuple of Things
The Miracles Club - Can You Feel It
Prins Thomas & Lindstrom - Feel Am

 
Brazzaville : compte-rendu

Du 23 novembre au 1er décembre dernier, nous nous sommes rendus avec nos amis du label Fool House à Brazzaville. Récit de voyage.


Les Siestes Electroniques à Brazzaville est certainement l’événement le plus risqué que nous ayons eu à organiser à l’étranger, le plus excitant aussi. Nous ne savions en effet pas du tout à quoi nous attendre. Certes, nous nous sommes rendus à Brazzaville en amont de notre événement, pour « prendre la température » et engager un processus partenarial, comme on dit, mais il restait que nous ne savions pas comment le public local ni les artistes congolais réagiraient face à des esthétiques musicales leur étant quasi inconnues. Nous prenions là un vrai risque d’incompatibilité totale, mais nous voulions aller au-delà de l’approche exotique que l’on peut se faire des musiques non-occidentales.

Ci-dessous l’histoire de cette expérience, racontée de l’intérieur par Etienne Menu (les photographies sont de Romain Bernardie James).




Mardi 23 novembre au soir : départ de Paris pour Brazzaville via Addis-Abeba. Vol Ethiopian Airlines. L’avion est à moitié vide, les hôtesses nombreuses et obséquieuses, la composition du dîner assez abstraite et la politique de gestion des luminaires tout à fait déconcertante. Je me laisse envoûter par la chaîne de radio spécialisée en musique éthiopienne, celle orientée new age diffuse elle des plages plus inquiétantes que relaxantes, mais c’est cool. Bref, ça fait quinze ans que je n’ai pas pris de long courrier, et je ne suis pas déçu du voyage – et encore moins quand nous débarquons dans l’aéroport d’Addis au petit matin, peuplé aux trois quarts de pèlerins soudanais et kényans revenus de la Mecque, vêtus de djellabas blanches et d’étoffes mauves. Une fois notre correspondance empruntée, nous sommes arrivés quatre heures plus tard à Brazzaville, où la température dépasse facilement les 30 degrés. On descend directement sur le tarmac, pour rejoindre les douanes qui, en termes de discipline, ressemblent plus aux portes d’accès d’une finale de championnat de foot amateur ou d’un concert de reformation des Svinkels qu’à des douanes. Les guichetiers sortent et rentrent, ou regardent des papiers d’un air concentré sans avoir de voyageur à « traiter ». Les officiels qui circulent d’un air vaguement autoritaire, nous font régulièrement signe d’attendre et laissent en revanche passer à peu près tous les mecs qui viennent leur taper sur l’épaule. Les formalités sont donc un peu laborieuses, on nous fait attendre sans trop savoir pourquoi, un supérieur hiérarchique succède à l’autre et au bout d’une heure nous récupérons passeport et bagages, sur la conclusion suivante du type qui visiblement « dirige » les opérations douanières : « La confiance n’exclut pas le contrôle ». OK.

Les Siestes @ Brazzaville 2
Les Siestes @ Brazzaville 3

Une fois installés dans nos pénates, nous ne tardons pas à tomber de sommeil. Je suis réveillé de ma sieste en fin d’après-midi par la chaleur et le son des gens sur la place. C’est un réveil plutôt doux, et j’éprouve une sensation d’hospitalité diffuse et d’improbable familiarité. Je m’attendais bêtement à me « prendre une claque » en posant le pied au Congo. Comme je voyage très peu, je m’imaginais une expérience proche de l’hallucination ou de l’hébétement, mais en fait, non, pas du tout. La claque ressemble davantage à une sorte d’éveil progressif, comme lorsqu’on se rend compte après coup qu’un bateau a quitté le port alors qu’on le croyait encore amarré. C’est une lente locomotion, presque fluviale, flottante.

Bref, ces premières heures passent comme un sirocco gentiment abrutissant, et en terminant de dîner dans un restaurant près du fleuve, je me rends compte qu’il est à peine 20h. Le temps se dilatera souvent comme ça lors de la semaine. C’est un peu troublant, mais parfois très grisant de voir qu’on a oublié ses réflexes et ses repères, surtout quand on est un jeune aussi impatient comme moi. Nous allons ensuite boire un verre dans une sorte de resto/bar/boîte avec la clim à fond et une sélection de rumba, R&B, rap, ndombolo et gros tubes européens electro/dance plus ou moins récents, et pas forcément du meilleur goût. La sono est bourrin sans être atroce non plus, les gens sont chauds, l’ambiance relax, et on danse – comme tout le monde ici – face au grand miroir qui couvre tout un mur de l’endroit.

Les Siestes @ Brazzaville 11
Les Siestes @ Brazzaville 16

La journée suivante s’organise – plus ou moins – autour du concert que Paul (Mondkopf) doit donner le soir au Centre Culturel Français (CCF). L’ambiance est charmante, les gens tous ravis de nous voir, Romain shoote dans tous les sens et déjà les premiers musiciens, DJ ou simples amateurs de musique viennent jeter un œil sur l’installation de la scène dans la cafétéria du CCF, l’Awalé. Nous allons alors tous visiter le centre Sony Labou Tansi, dans le proche quartier de Bakongo, où aura lieu la soirée du samedi, et où répète pour le moment le groupe Musée d’Art, sorte de troupe musicale « tradi-moderne » composée d’une dizaine de percussionnistes, d’un clavier, d’un bassiste et d’un guitariste, dirigé par l’intense Akramo.

Le soir, le public du concert qui commence à s’installer est composé pour moitié de Français et autres blancs expatriés (l’ambassadeur italien nous fait notamment l’honneur de sa venue), et pour moitié de Brazzavillois curieux et/ou mélomanes. Paul entame son live par une longue plage ambient sombre qui prend progressivement du corps, avant de lancer des rythmiques plus soutenues qui font bouger quelques nuques. Vers la fin du live, on sent que quelque chose se passe, et qu’il serait dommage de s’arrêter là, et très vite Akramo nous fait profiter de ses talents de percussionniste en improvisant sur les beats de Paul. Le résultat galvanise rapidement le public jusqu’ici assez sage, surtout qu’Akramo fait le show, danse, bondit tout autour de la scène, scande des paroles en lari (la langue de la minorité qui vit à Bakongo) et se laisse posséder par ce qu’on ne peut appeler autrement que de la transe. Pour ne pas frustrer un public désormais dans tous ses états, Paul et Akramo décident d’enchaîner cette séquence live par un mix house du meilleur effet, toujours accompagné de percussions. La fête dure plusieurs heures et on se couche grisés.

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Le lendemain, il y a un grand défilé de mode au CCF, et on a proposé à Paul et Charlie (Qoso) de s’occuper de la musique. Pendant près de deux heures, nos deux compères vont imposer un groove puissant, en crescendo, fait de classiques d’Italo ou de Chicago et de tracks plus récents, si bien qu’au bout d’un moment le public – constitué, cette fois-ci, presque exclusivement de Brazzavillois – danse carrément et saute de joie sur certains breaks et certaines montées de clavier – même si, en l’occurrence, la musique fonctionne plus comme un stimulant du défilé que comme une expérience autonome, vécue à part entière par les spectateurs. Soyons honnêtes, les mannequins, les vêtements, l’événement en soi comptaient clairement pour beaucoup dans cette ambiance, mais quand même, c’était vraiment beau de voir cette jeunesse congolaise en délire sur du Frankie Knuckles ou du Kano.

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La troisième soirée, organisée au cercle Sony Labou Tansi, restera certainement la plus grisante du séjour. D’abord par son affiche, puisqu’y jouent à la fois Mondkopf et Qoso, des DJ locaux, Musée d’Art et une troupe de danse hip-hop du nom de I-Dance, mais aussi par le cadre en plein air et l’ambiance à la fois festive et familiale qui y règne – les gens sont venus en nombre, et un stand a été monté où une mère et ses filles vendaient brochettes, cuisses de poulet, salades et bières. Le public, en partie assis, met dans l’ensemble un peu de temps à se mettre en route, mais les meilleurs danseurs, eux, montent vite sur scène pour passer un par un, en séquence, comme les concurrents d’une compétition de danse. Les DJ congolais servent leur habituel panaché de tubes généralistes avec animation vocale, les gens semblent contents, et Musée d’Art réalise une véritable performance, quasiment une heure de percus / chants / danse interrompue, accompagnée par une boîte à rythmes. Une sorte de flux tantôt hypnotique, tantôt presque cubiste par son goût de la saccade et de la rupture.

Pour clore la soirée, l’effet produit par les premières minutes acid du live de Paul et Charlie est particulièrement foudroyant sur une partie de l’assistance du « Sony ». Deux garçons d’une dizaine d’années, notamment, me regardent comme si j’allais leur dévoiler le secret de la techno : « Comment il fait là ? ». Entendre un son à la fois physique et abrasif sortir comme ça d’un simple laptop soufflait leurs réflexes perceptifs. Sans jouer sur des clichés post-colonialistes nauséabonds, les deux gamins avaient l’air d’y voir une forme de sorcellerie technologique, et leur réaction hésitait entre possession rythmique et fascination trouble. Un des instants les plus intenses du séjour, pour moi.

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L’histoire de notre venue à la Main Bleue, le dimanche soir, est tout autre. Ce dancing de Bakongo (un des quartiers de la minorité Lari) revêtu de dalles en mosaïque bleue, d’où son nom, est à ciel ouvert, et sa piste entourée de nombreuses tables, d’une cabine de DJ fermée et vitrée (sans clim), d’un petit bar et d’un espace peint tout en blanc, visiblement destiné aux séances photo. Il est fréquenté ce soir-là par des couples venus danser la rumba, et par un petit nombre de sapeurs, pas tous très jeunes, et pas tous forcément impeccables par rapport à certaines images qu’on peut avoir de cette intriguante sous-culture. Guillaume, notre "fixeur" sur place et ancien administrateur des Siestes Electroniques, avait eu l’idée de solliciter les gens qui gèrent l’endroit pour essayer d’y faire se rencontrer la culture club européenne et celle, locale, des sapeurs et des traditions de danse populaires. Quelques jours avant, nous avions donc rencontré Fredo, aka DJ Sarkozy (sic, évidemment), qui nous avait répondu qu’il était d’accord pour nous faire partager ses platines, mais que le public de la Main Bleue était tout de même habitué à sa sélection, à sa façon de la séquencer, et exigeait de lui qu’il joue forcément quelques morceaux « gold » de la musique congolaise... L’expérience s’annonçait donc assez casse-gueule… et l’a effectivement été. Autant le démarrage à la vieille rumba a été poliment reçu, autant la suite (une séquence funk puis une séquence coupé) a quasiment créé un incident diplomatique (concrètement : un client vient se plaindre directement dans la cabine, et Fredo me regarde d’un un œil crispé en me voyant sélectionner « Ça va chauffer » des Ivoiriens de Grand Maquis All-Stars, pour finalement me congédier en douceur…). Mais l’ambiance qui règne sur place, le charme du lieu et le défilé des sapeurs et d’autres hautes figures de Brazza ont suffi à nous faire oublier cette tentative un peu malheureuse.

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La journée du lendemain sera marquée par un peu de pur tourisme, conclue par une escapade au marché de nuit, réputé pour ses singes fumés et autres alligators à la coupe. L’expérience est à peu près aussi éprouvante que celle vécue au marché Total (car situé près du siège du géant pétrolier) de Bakongo, que nous avons traversé quelques jours plus tôt, et qui pourrait d’ailleurs s’appeler « total » sans majuscules, comme on parle d’ « art total » ou de « football total ». Tout est vendu là-bas, sous toutes les formes, partout, et on dirait bien que tout Bakongo est ici rassemblé. On nous y hèle sans cesse et certains nous appellent par les noms des footballeurs de l’équipe de France – « Gourcuff », « Ribéry », mais aussi, plus étonnant, « Alou Diarra » ou « Bakary Sagna ». Une fois passé le stand des sauterelles grillées et celui des chauve-souris vivantes tuées à la demande, je passe chez un minuscule disquaire plein de vieux vinyles, malheureusement tous dans un état déplorable et probablement injouables sur une platine. La circulation est lente et malaisée, les odeurs de nourriture, de boue et d’essence se mêlent en vagues tièdes et âcres, et l’immensité du marché a quelque chose d’à la fois vertigineux et enivrant. Le périple dans le marché Total aura probablement été l’expérience la plus proche de cette fameuse claque africaine.

Le reste du temps, on ne se « prend » pas forcément grand-chose à la figure : c’est plus ce qu’on ne se prend justement pas, ce qui ne résonne pas, qui ne passe pas qui fait la vraie différence entre nos habitudes et celles de Congolais. Les serveurs qui n’apportent pas ce vous avez commandé, les taxis qui ne vous rendent pas la monnaie, les sapeurs qui ne vous parlent pas de l’argent qu’ils voudraient pourtant que vous leur donniez pour passer à la Main Bleue, les passants qui ne répondent pas aux questions que vous leur posez, les gens en boîte qui viennent vous parler sans avoir quoi que ce soit de particulier à vous dire, ou qui vous prennent pour quelqu’un d’autre mais ne se démontent pas quand ils réalisent qu’ils se trompent : c’est tout un spectre de l’univers rationnel névrotique occidental, de la logique oui/non, question/réponse, problème/résolution, tout ce fastidieux système à somme nulle qui est rayé de la carte psychologique – là encore, je ne dis rien de neuf et j’imagine bien que des dizaines de livres doivent parler de ça. Il reste que ça rafraîchit les méninges de voir que le modèle de pensée en vigueur ici est presque totalement ignoré là-bas – pas méprisé, juste ignoré.

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Dans l’avion du retour, le mercredi matin, le spectacle congolais offre un dernier rappel avec une délégation interministérielle qui a l’air de partir en Chine via Addis. Séance photo improvisée en cabine (une heure, montre en main) pour donner des preuves qu’on a bien pris l’avion, discussions à bâtons rompus et volume vocal supérieur sur des sujets on ne peut plus flous : une indiscipline généralisée qui a l’air d’exaspérer les sages hôtesses éthiopiennes du vol. Pas de doute, même à 10 000 mètres d’altitude, l’esprit congolais reste toujours aussi vif. Et une chose est sûre : quoiqu’il arrive, on reviendra à Brazza.

Et pour aller plus loin un article intéressant sur Slate Afrique (toujours par Etienne Menu) ainsi que les vignettes audio de Qoso sur Fluokids.

 
Et les gagnants sont ...

ECAS, la branche européenne du réseau international dont est membre Les Siestes Electroniques a lancé un appel à projet en septembre dernier. Les vainqueurs ont été annoncés le 4 février, à Berlin, à l’occasion du festival Club Transmediale.


Les participants de cet appel à projet devaient répondre à la problématique suivante : "Festival as Labs"
Ce thème, qui peut paraitre à première vue ardu, entend s’inspirer des expériences Living Lab menées un peu partout dans le monde et appelle à une grande interdisciplinarité (au sens artistique, mais aussi social). L’objectif annoncé est donc de transformer le temps et le territoire d’un festival en terrain d’expérimentation ouvert impliquant au minimum les spectateurs de l’événement.

Un seul projet devait être désigné lauréat, mais vous savez tous qu’il est extrêmement difficile d’arrêter un choix en communauté, du coup les membres du jury (Drew Hemment pour FutureEverything, Oliver Baurhenn pour Club Transmediale et Thomas Dumke pour CynetArt) ont décidés de désigner deux vainqueurs :

- OurCity by Adam Nieman
- Collective Hedonistic Environment Toolkit by IntoLIGHT

 
Les Siestes à Brazzaville

Après Berlin, La Haye, Riga, Kyoto et Montréal, Les Siestes Electroniques continuent de voir du pays et se délocalisent à Brazzaville (République du Congo) du 23 novembre au 1er décembre.


Dès les prémices de notre projet, son orientation internationale fut prééminente. Et nous avons régulièrement été les premiers à inviter certains artistes étrangers à Toulouse. Cette exploration de la scène internationale, nous essayons depuis 2007 de la mener, tant que faire se peut, dans un mouvement à la fois centripète et centrifuge. C’est ainsi que nous voyons notre volet "Export", non pas comme un objet promotionnel à destination de publics lointains, mais comme une même occasion de défricher un territoire sonore mondial toujours plus vaste.

Si nous avions jusqu’à présent limité nos escapades aux pays occidentaux, nous sommes particulièrement excités à l’idée d’organiser un événement à Brazzaville. Même si, soyons honnête, nous ne savons pas vraiment à quoi nous attendre. Nous avons dès lors choisi de changer quelque peu le format de nos interventions à l’étranger pour cette occasion afin de tenter, le plus possible, de s’ouvrir à cet inattendu. Une semaine de présence sur place, une équipe pluridisciplinaire dont les membres se connaissent les uns les autres, la visite de disquaires, des rencontres avec des musiciens locaux, l’organisation de concerts dans différents contextes, ont ainsi été pensé pour favoriser le plus grand nombre de rencontres.

Fool House, label de beaux disques certes, mais surtout association d’artistes et de passionnés, a répondu avec enthousiasme à notre invitation à se rapprocher des musiques congolaises dont ils étaient déjà curieux. Du coup, on emmènera dans nos bagages les jeunes Mondkopf et Qoso, le journaleux et talentueux Etienne Menu ainsi qu’un photographe, Romain Bernardie James, pour témoigner de tout cela.

- 25 Novembre – Centre Culturel Français
Concert de Mondkopf dans un cadre intimiste.

- 27 Novembre – Cercle Sony Labou Tansi
Djs français et congolais confronteront ici leur vision de la danse. Si l’on nous a beaucoup parlé dernièrement de l’influence des rythmiques africaines, notamment du coupé/décalé, sur la techno contemporaine, ce sera l’occasion pratique de vérifier la perméabilité des deux genres :)
Musée d’Art, l’un des rares groupes de free-rock brazzavillois, ouvrira le bal, suivi de Qoso, Mondkopf et des meilleurs Djs locaux (Dj Mbo, Dj Nestor, Dj James et I Dance.

- 28 Novembre – La Main Bleue
Alors certes, le sapeur brazzavillois est un peu le marronnier de la presse mode européenne, mais se rendre sur place sans en tenir compte serait une grossière erreur. Qui plus est, lorsque ces derniers nous font l’honneur de nous inviter dans leur temple pour "ambiancer" leur célèbre “diatance” !
Qoso et Etienne Menu auront la lourde tache de faire danser ces messieurs endimanchés.

Facebook Event // Dossier de presse


Ci-dessous l’histoire de cette première édition, racontée de l’intérieur par Etienne Menu (les photographies sont de Romain Bernardie James).

Mardi 23 novembre au soir : départ de Paris pour Brazzaville via Addis-Abeba. Vol Ethiopian Airlines. L’avion est à moitié vide, les hôtesses nombreuses et obséquieuses, la composition du dîner assez abstraite et la politique de gestion des luminaires tout à fait déconcertante. Je me laisse envoûter par la chaîne de radio spécialisée en musique éthiopienne, celle orientée new age diffuse elle des plages plus inquiétantes que relaxantes, mais c’est cool. Bref, ça fait quinze ans que je n’ai pas pris de long courrier, et je ne suis pas déçu du voyage – et encore moins quand nous débarquons dans l’aéroport d’Addis au petit matin, peuplé aux trois quarts de pèlerins soudanais et kényans revenus de la Mecque, vêtus de djellabas blanches et d’étoffes mauves. Une fois notre correspondance empruntée, nous sommes arrivés quatre heures plus tard à Brazzaville, où la température dépasse facilement les 30 degrés. On descend directement sur le tarmac, pour rejoindre les douanes qui, en termes de discipline, ressemblent plus aux portes d’accès d’une finale de championnat de foot amateur ou d’un concert de reformation des Svinkels qu’à des douanes. Les guichetiers sortent et rentrent, ou regardent des papiers d’un air concentré sans avoir de voyageur à « traiter ». Les officiels qui circulent d’un air vaguement autoritaire, nous font régulièrement signe d’attendre et laissent en revanche passer à peu près tous les mecs qui viennent leur taper sur l’épaule. Les formalités sont donc un peu laborieuses, on nous fait attendre sans trop savoir pourquoi, un supérieur hiérarchique succède à l’autre et au bout d’une heure nous récupérons passeport et bagages, sur la conclusion suivante du type qui visiblement « dirige » les opérations douanières : « La confiance n’exclut pas le contrôle ». OK.

Une fois installés dans nos pénates, nous ne tardons pas à tomber de sommeil. Je suis réveillé de ma sieste en fin d’après-midi par la chaleur et le son des gens sur la place. C’est un réveil plutôt doux, et j’éprouve une sensation d’hospitalité diffuse et d’improbable familiarité. Je m’attendais bêtement à me « prendre une claque » en posant le pied au Congo. Comme je voyage très peu, je m’imaginais une expérience proche de l’hallucination ou de l’hébétement, mais en fait, non, pas du tout. La claque ressemble davantage à une sorte d’éveil progressif, comme lorsqu’on se rend compte après coup qu’un bateau a quitté le port alors qu’on le croyait encore amarré. C’est une lente locomotion, presque fluviale, flottante.

Bref, ces premières heures passent comme un sirocco gentiment abrutissant, et en terminant de dîner dans un restaurant près du fleuve, je me rends compte qu’il est à peine 20h. Le temps se dilatera souvent comme ça lors de la semaine. C’est un peu troublant, mais parfois très grisant de voir qu’on a oublié ses réflexes et ses repères, surtout quand on est un jeune aussi impatient comme moi. Nous allons ensuite boire un verre dans une sorte de resto/bar/boîte avec la clim à fond et une sélection de rumba, R&B, rap, ndombolo et gros tubes européens electro/dance plus ou moins récents, et pas forcément du meilleur goût. La sono est bourrin sans être atroce non plus, les gens sont chauds, l’ambiance relax, et on danse – comme tout le monde ici – face au grand miroir qui couvre tout un mur de l’endroit.

La journée suivante s’organise – plus ou moins – autour du concert que Paul (Mondkopf) doit donner le soir au Centre Culturel Français (CCF). L’ambiance est charmante, les gens tous ravis de nous voir, Romain shoote dans tous les sens et déjà les premiers musiciens, DJ ou simples amateurs de musique viennent jeter un œil sur l’installation de la scène dans la cafétéria du CCF, l’Awalé. Nous allons alors tous visiter le centre Sony Labou Tansi, dans le proche quartier de Bakongo, où aura lieu la soirée du samedi, et où répète pour le moment le groupe Musée d’Art, sorte de troupe musicale « tradi-moderne » composée d’une dizaine de percussionnistes, d’un clavier, d’un bassiste et d’un guitariste, dirigé par l’intense Akramo.

Le soir, le public du concert qui commence à s’installer est composé pour moitié de Français et autres blancs expatriés (l’ambassadeur italien nous fait notamment l’honneur de sa venue), et pour moitié de Brazzavillois curieux et/ou mélomanes. Paul entame son live par une longue plage ambient sombre qui prend progressivement du corps, avant de lancer des rythmiques plus soutenues qui font bouger quelques nuques. Vers la fin du live, on sent que quelque chose se passe, et qu’il serait dommage de s’arrêter là, et très vite Akramo nous fait profiter de ses talents de percussionniste en improvisant sur les beats de Paul. Le résultat galvanise rapidement le public jusqu’ici assez sage, surtout qu’Akramo fait le show, danse, bondit tout autour de la scène, scande des paroles en lari (la langue de la minorité qui vit à Bakongo) et se laisse posséder par ce qu’on ne peut appeler autrement que de la transe. Pour ne pas frustrer un public désormais dans tous ses états, Paul et Akramo décident d’enchaîner cette séquence live par un mix house du meilleur effet, toujours accompagné de percussions. La fête dure plusieurs heures et on se couche grisés.

Le lendemain, il y a un grand défilé de mode au CCF, et on a proposé à Paul et Charlie (Qoso) de s’occuper de la musique. Pendant près de deux heures, nos deux compères vont imposer un groove puissant, en crescendo, fait de classiques d’Italo ou de Chicago et de tracks plus récents, si bien qu’au bout d’un moment le public – constitué, cette fois-ci, presque exclusivement de Brazzavillois – danse carrément et saute de joie sur certains breaks et certaines montées de clavier – même si, en l’occurrence, la musique fonctionne plus comme un stimulant du défilé que comme une expérience autonome, vécue à part entière par les spectateurs. Soyons honnêtes, les mannequins, les vêtements, l’événement en soi comptaient clairement pour beaucoup dans cette ambiance, mais quand même, c’était vraiment beau de voir cette jeunesse congolaise en délire sur du Frankie Knuckles ou du Kano.

La troisième soirée, organisée au cercle Sony Labou Tansi, restera certainement la plus grisante du séjour. D’abord par son affiche, puisqu’y jouent à la fois Mondkopf et Qoso, des DJ locaux, Musée d’Art et une troupe de danse hip-hop du nom de I-Dance, mais aussi par le cadre en plein air et l’ambiance à la fois festive et familiale qui y règne – les gens sont venus en nombre, et un stand a été monté où une mère et ses filles vendaient brochettes, cuisses de poulet, salades et bières. Le public, en partie assis, met dans l’ensemble un peu de temps à se mettre en route, mais les meilleurs danseurs, eux, montent vite sur scène pour passer un par un, en séquence, comme les concurrents d’une compétition de danse. Les DJ congolais servent leur habituel panaché de tubes généralistes avec animation vocale, les gens semblent contents, et Musée d’Art réalise une véritable performance, quasiment une heure de percus / chants / danse interrompue, accompagnée par une boîte à rythmes. Une sorte de flux tantôt hypnotique, tantôt presque cubiste par son goût de la saccade et de la rupture.

Pour clore la soirée, l’effet produit par les premières minutes acid du live de Paul et Charlie est particulièrement foudroyant sur une partie de l’assistance du « Sony ». Deux garçons d’une dizaine d’années, notamment, me regardent comme si j’allais leur dévoiler le secret de la techno : « Comment il fait là ? ». Entendre un son à la fois physique et abrasif sortir comme ça d’un simple laptop soufflait leurs réflexes perceptifs. Sans jouer sur des clichés post-colonialistes nauséabonds, les deux gamins avaient l’air d’y voir une forme de sorcellerie technologique, et leur réaction hésitait entre possession rythmique et fascination trouble. Un des instants les plus intenses du séjour, pour moi.

L’histoire de notre venue à la Main Bleue, le dimanche soir, est tout autre. Ce dancing de Bakongo (un des quartiers de la minorité Lari) revêtu de dalles en mosaïque bleue, d’où son nom, est à ciel ouvert, et sa piste entourée de nombreuses tables, d’une cabine de DJ fermée et vitrée (sans clim), d’un petit bar et d’un espace peint tout en blanc, visiblement destiné aux séances photo. Il est fréquenté ce soir-là par des couples venus danser la rumba, et par un petit nombre de sapeurs, pas tous très jeunes, et pas tous forcément impeccables par rapport à certaines images qu’on peut avoir de cette intriguante sous-culture. Guillaume, notre "fixeur" sur place et ancien administrateur des Siestes Electroniques, avait eu l’idée de solliciter les gens qui gèrent l’endroit pour essayer d’y faire se rencontrer la culture club européenne et celle, locale, des sapeurs et des traditions de danse populaires. Quelques jours avant, nous avions donc rencontré Fredo, aka DJ Sarkozy (sic, évidemment), qui nous avait répondu qu’il était d’accord pour nous faire partager ses platines, mais que le public de la Main Bleue était tout de même habitué à sa sélection, à sa façon de la séquencer, et exigeait de lui qu’il joue forcément quelques morceaux « gold » de la musique congolaise... L’expérience s’annonçait donc assez casse-gueule… et l’a effectivement été. Autant le démarrage à la vieille rumba a été poliment reçu, autant la suite (une séquence funk puis une séquence coupé) a quasiment créé un incident diplomatique (concrètement : un client vient se plaindre directement dans la cabine, et Fredo me regarde d’un un œil crispé en me voyant sélectionner « Ça va chauffer » des Ivoiriens de Grand Maquis All-Stars, pour finalement me congédier en douceur…). Mais l’ambiance qui règne sur place, le charme du lieu et le défilé des sapeurs et d’autres hautes figures de Brazza ont suffi à nous faire oublier cette tentative un peu malheureuse.

La journée du lendemain sera marquée par un peu de pur tourisme, conclue par une escapade au marché de nuit, réputé pour ses singes fumés et autres alligators à la coupe. L’expérience est à peu près aussi éprouvante que celle vécue au marché Total (car situé près du siège du géant pétrolier) de Bakongo, que nous avons traversé quelques jours plus tôt, et qui pourrait d’ailleurs s’appeler « total » sans majuscules, comme on parle d’ « art total » ou de « football total ». Tout est vendu là-bas, sous toutes les formes, partout, et on dirait bien que tout Bakongo est ici rassemblé. On nous y hèle sans cesse et certains nous appellent par les noms des footballeurs de l’équipe de France – « Gourcuff », « Ribéry », mais aussi, plus étonnant, « Alou Diarra » ou « Bakary Sagna ». Une fois passé le stand des sauterelles grillées et celui des chauve-souris vivantes tuées à la demande, je passe chez un minuscule disquaire plein de vieux vinyles, malheureusement tous dans un état déplorable et probablement injouables sur une platine. La circulation est lente et malaisée, les odeurs de nourriture, de boue et d’essence se mêlent en vagues tièdes et âcres, et l’immensité du marché a quelque chose d’à la fois vertigineux et enivrant. Le périple dans le marché Total aura probablement été l’expérience la plus proche de cette fameuse claque africaine.

Le reste du temps, on ne se « prend » pas forcément grand-chose à la figure : c’est plus ce qu’on ne se prend justement pas, ce qui ne résonne pas, qui ne passe pas qui fait la vraie différence entre nos habitudes et celles de Congolais. Les serveurs qui n’apportent pas ce vous avez commandé, les taxis qui ne vous rendent pas la monnaie, les sapeurs qui ne vous parlent pas de l’argent qu’ils voudraient pourtant que vous leur donniez pour passer à la Main Bleue, les passants qui ne répondent pas aux questions que vous leur posez, les gens en boîte qui viennent vous parler sans avoir quoi que ce soit de particulier à vous dire, ou qui vous prennent pour quelqu’un d’autre mais ne se démontent pas quand ils réalisent qu’ils se trompent : c’est tout un spectre de l’univers rationnel névrotique occidental, de la logique oui/non, question/réponse, problème/résolution, tout ce fastidieux système à somme nulle qui est rayé de la carte psychologique – là encore, je ne dis rien de neuf et j’imagine bien que des dizaines de livres doivent parler de ça. Il reste que ça rafraîchit les méninges de voir que le modèle de pensée en vigueur ici est presque totalement ignoré là-bas – pas méprisé, juste ignoré.

Dans l’avion du retour, le mercredi matin, le spectacle congolais offre un dernier rappel avec une délégation interministérielle qui a l’air de partir en Chine via Addis. Séance photo improvisée en cabine (une heure, montre en main) pour donner des preuves qu’on a bien pris l’avion, discussions à bâtons rompus et volume vocal supérieur sur des sujets on ne peut plus flous : une indiscipline généralisée qui a l’air d’exaspérer les sages hôtesses éthiopiennes du vol. Pas de doute, même à 10 000 mètres d’altitude, l’esprit congolais reste toujours aussi vif. Et une chose est sûre : quoiqu’il arrive, on reviendra à Brazza.

Et pour aller plus loin un article intéressant sur Slate Afrique (toujours par Etienne Menu) ainsi que les vignettes audio de Qoso sur Fluokids.

 
Appel à projet

ECAS est la branche européenne du réseau ICAS (auquel Les Siestes adhérent et dont on vous rebat les oreilles depuis 2007). Et pour la première fois ce réseau de festival est en mesure de passer commande d’une œuvre originale : un appel à candidature est donc lancé !


Soutenu par l’Union Européenne dans le cadre de son programme Culture 2007-2013, le réseau ECAS lance un premier appel à projet pour une œuvre (musicale ou non) devant répondre au thème de "Festival as Lab".

Ce thème entend s’inspirer des expériences Living Lab un peu partout dans le monde (dont la philosophie se résume en une expression anglophone barbare : user-driven innovation) et revendique une interdisciplinarité, si ce n’est obligatoire, de bon aloi. L’objectif annoncé est donc de transformer le temps et le territoire d’un festival en terrain d’expérimentation ouvert impliquant au minimum les spectateurs de l’événement.

10 000€ seront attribués au projet lauréat (5000€ de frais de production et 5000€ de cachet). Celui-ci sera présenté dans sa phase prototype au festival Club Transmediale à Berlin en février, dans une version opérationnelle au festival FutureEverything à Manchester en mai et dans sa version finale au festival CynetArt à Dresde en novembre.

La date limite de soumission de candidature est fixée au 24 octobre.

Plus d’informations ici

 
Siestes 2010 : les videos

En attendant le review des Siestes à Brazzaville, un petit cadeau de Noël : les vidéos intégrales des concerts de The Ruby Suns, Mount Kimbie, Stanley Brinks et Marc Démereau sous le soleil estival de l’été dernier ...



Toutes les vidéos ont été réalisées par Youlive


The Ruby Suns Live at Les Siestes Electroniques


Mount Kimbie Live at Les Siestes Electroniques


Stanley Brinks Live at Les Siestes Electroniques


Marc Démereau Live at Les Siestes Electroniques

 
Summer Hits

Notre playlist de l’été, modeste contribution à la paix sur terre tout autant qu’au réchauffement climatique. Une sélection subjective de hits pour vous accompagner au bord de la piscine, chez papa & maman, à l’hôtel ou au boulot ... ça marche aussi (et ça fait du bien) !


La playlist qui sent bon l’huile solaire est à écouter et compléter, si vous le souhaitez, sur Spotify, ici-même.

avec, entre autres, Minnie Riperton, Talking Heads, Os Mutantes, The Kinks, Supergrass, Amii Stewart, Chic, Stevie Wonder, Deee-Lite, The Notorious B.I.G., Sebastien Tellier ...