Audimat 4

Audimat 4

Le nouveau numéro de notre revue Audimat ou comment parler d’ethnomusicologie, de techno-kayo, de chanson française, des tops, du punk US et du glitch dans une revue de 220 pages.

- SOMMAIRE N°4

Drew Daniel - Contre la quantification du beau : Treize raisons pour ne pas choisir mes treize disques préférés
Pratique embarrassante du journalisme en ligne, contestable dans la forme comme dans le fond, les listicles (néologisme obtenu par la contraction des mots liste et article) sont le douloureux quotidien de l’amateur de musique du troisième millénaire. Attrape-clics, auto-promo, raccourcis problématiques... Ils condensent à eux-seuls à peu près toutes les tares de la presse en ligne dédiée à la musique. En septembre 2014, dans les pages de The Quietus, Drew Daniel, moitié du duo électronique Matmos, professeur de lettres et music lover insatiable, retournait l’exercice, l’éventrait et en extirpait toutes les humeurs, pour mieux en exposer la profonde perversion.

Agnès Gayraud - Français, deuxième langue
Chanter de la pop (au sens large, du folk ou du rock) en français, a quelque chose de difficile. Le français a beau être notre première langue ici, celle que l’on maîtrise le mieux, dès lors qu’on la rapporte à des sons, des inflexions anglo-américaines, on a l’impression qu’elle pèse deux fois trop lourd. On peut être fier de l’emprunter, mais la voie est risquée, peuplée de modèles devenus trop envahissants et de contre-modèles auxquels on ne veut surtout pas ressembler. Agnès Gayraud écrit en français, de la théorie, de la critique, mais aussi des chansons, et ce qui l’a bercée, à la fin des années 80, au début des années 90, c’est une pop anglo-saxonne. Dans ce texte qui sonne comme un manifeste subjectif – où une génération d’auteurs pourra aussi bien se reconnaître –, elle dresse une brève physionomie, à la fois critique et impliquée, de la pop en langue d’ici. Sans prétendre à l’exhaustivité, sans chercher à faire état de toute la pop en français, ancienne ou récente, ni surtout à distribuer des bons et des mauvais points, elle pose plutôt les bases d’une archéologie des « problèmes » et des solutions, à la fois canoniques et situés dans l’histoire, auxquels se confronte le compositeur pop dès lors qu’il écrit en français.

David Thomas - Ghoulardi ou l’école du chaos
Au début des années 1970, l’axe Cleveland-Akron, au nord de l’Ohio, est inexplicablement agité par de puissantes secousses protopunk et avant-gardistes. Des groupes comme Rocket From The Tombs, electric eels, Devo, Mirrors,The Cramps, Tin Huey, The Bizarros ou Pere Ubu semblent former une génération spontanée, bien décidée à en découvre avec le conformisme ambiant. Pour David Thomas, leader de Pere Ubu et figure majeure de la scène de Cleveland, cette fièvre arty et provocatrice aurait été inoculée dès le plus jeune âge à une génération d’innocents bambins rivés à leur poste de télévision, par un personnage méconnu et singulier, peu porté sur la bienséance. C’est la théorie qu’il exposait en 2007 dans Listen Again : A Momentary History of Pop Music, ouvrage collectif publié sous la direction d’Eric Weisbard, regroupant des textes issus de différentes présentations données lors de l’Experience Music Project Pop Conference de Seattle depuis sa création en 2002, qui tentait de mettre à jour ces moments volatiles et aléatoires, difficilement discernables, qui jalonnent l’histoire de la pop et contiennent en germe ses scènes et créations les plus marquantes.

Étienne Menu - Ethnofiction ou audiovérité : une histoire partiale d’Ocora
Entreprise politique autant que culturelle, puisque née dans le contexte troublé de la décolonisation, la collection Ocora édite depuis les années 1960 des musiques dites « traditionnelles », enregistrées d’abord en Afrique puis partout dans le monde. Conçue dans le giron des institutions françaises, elle s’est pourtant développée comme une entité indépendante, guidée par les parti-pris de ses directeurs artistiques successifs. Étienne Menu, notre rédacteur en chef, retrace ici leur parcours, en enchâssant à son récit l’histoire, plus personnelle, de sa propre rencontre avec les disques Ocora. D’abord désemparé face à des enregistrements parfois opaques, il va devoir désapprendre ses réflexes d’écoute pour se frayer un chemin dans cette singulière proposition musicale. Une histoire duale, donc, qui interroge notre rapport même à la musique et à son environnement.

Olivier Lamm - Digitalove : le techno kayō ou la pop japonaise à son pinacle
Rédacteur en chef de The Drone, collaborateur de Libération, chroniqueur de l’émission La Dispute sur France Culture et plume régulière d’Audimat, Olivier Lamm a choisi dans cet article de mettre en lumière un pan au mieux ignoré de la culture pop japonaise. Au cours de la décennie 1975-1985, alors que le Japon se réinvente en parangon technologique et futuriste, une poignée de musiciens érudits firent des charts de l’Archipel un terrain de jeu conceptuel, laissant libre cours à leurs folles expérimentations formelles et inventant au passage une esthétique pop tendre et un brin perverse, déjà nostalgique d’un futur pourtant encore inaccompli : le techno kayō. Vu de loin, une simple curiosité, une de ces anomalies dont seul le Japon semble, ou semblait, capable. Scruté à la loupe d’une grille de lecture passionnée et rigoureuse, le techno kayō a pourtant tout d’un horizon indépassable, d’un point d’incandescence, d’un idéal pop.

W. David Marx - The Plastics et l’angoisse de la copie
En post-scriptum de luxe à la coupe transversale d’un temps de l’histoire de la pop japonaise, W. David Marx, rédacteur en chef du site de référence Neojaponisme et auteur d’Ametora : How Japan Saved American Style (Basic Books), nous narre les tribulations, à la même époque, des Plastics, une bande de jeunes punks tokyoïtes qui ont su, avec une dérision teintée d’anxiété, tendre un implacable miroir déformant au Japon, au moment où celui-ci en avait le plus besoin. Avant, inexorablement, d’être avalés puis recrachés par l’histoire.

Olivier Quintyn - L’ère du glitch : utopie et réification. Pour une théorie critique rétrospective
Olivier Quintyn est professeur de lettres, chercheur en théorie de l’art, éditeur et auteur du livre Dispositifs/Dislocations paru aux éditions Al Dante/Questions Théoriques en 2007. Âgé de 37 ans, il s’est fait connaître à la fin des années 1990 dans ce que l’on appelait déjà plus « les milieux d’avant-garde » pour des pièces de poésie digitale et sonore, entre autres animées par le principe du « sampling virus » défini par le musicien bruitiste Otomo Yoshihide. Confondant volontairement théorie et pratique littéraire, il a continué de s’intéresser aux phénomènes de perturbation et de mises en crise des phénomènes technologiques à travers l’information et à l’usage de ces derniers dans les arts plastiques et la musique. Il revient ici sur le destin du glitch dans la musique électronique depuis son apparition il y a une vingtaine d’années, tant du côté le plus expérimental et conceptuel que sur son versant plus pop, notamment occupé par le courant dit « micro-house » et par les anthologies Clicks & Cuts du label Mille Plateaux. Si son approche épistémologique et dialectique peut sembler aride, elle invite néanmoins à une sorte de décollage intellectuel. Une prise d’altitude qui, plutôt que de prendre les choses « de haut », convoque le pragmatisme américain ou la critique marxiste du post-modernisme pour mieux appréhender ces parasites sonores au rôle aussi politique qu’esthétique.

Francis Marmande - Love Cry, « le » free jazz n’existe pas
Francis Marmande a 70 ans, il écrit sur le jazz dans Le Monde depuis une quarantaine d’années. Il a également signé une vingtaine de livres, enseigne la philosophie à l’université et joue du jazz, notamment avec Jac Berrocal. Nous l’avons contacté car nous cherchions à publier quelque chose autour du free jazz. Plus précisément, autour de ce que ses auditeurs trouvent dans le free jazz, de la situation de cette musique dans le monde de l’écoute, et aussi des espèces de mystères que nous avions le sentiment que ses chantres – dont Marmande fait partie, qu’il le veuille ou non – semblent aimer entretenir.

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Vous pouvez également vous procurer votre exemplaire d’Audimat dans les points de vente suivants :

TOULOUSE
Librairie Ombres Blanches - 50 Carriera Leon Gambetta
Les Abattoirs - 76 allée Charles de Fitte (rupture de stock)

PARIS
Boutique Colette - 213 rue Saint Honoré (1er arrondissement)
Boutique Démocratie - 1 Rue de Turbigo (1er arrondissement)
Galerie Yvon Lambert - 108 rue Vieille du Temple (3ème arrondissement)
Librairie Comme un roman - 39 rue de Bretagne (3ème arrondissement)
Boutique de la Gaîté Lyrique - 3bis rue Papin (3ème arrondissement)
Librairie Ofr – 20 rue Dupetit-Thouars (3ème arrondissement)
Librairie Flammarion du Centre Pompidou - 19 rue Beaubourg (4ème arrondissement)
Librairie Tschann - 125 boulevard du Montparnasse (6ème arrondissement)
Disquaire Balades Sonores – 1 avenue Trudaine (9ème arrondissement)
Disquaire La Source - 46 rue Albert Thomas (10ème arrondissement)
L’international Records - 12 rue Moret (11ème arrondissement)
Disquaire Born Bad - 11 Rue Saint-Sabin (11ème arrondissement)
Disquaire Souffle Continu - 22/22 rue Gerbier (11ème arrondissement)
La Cinémathèque Française - 51 Rue de Bercy (12ème arr.)
Librairie Musicale Falado - 6 rue Léopold Robert (14ème arr.)
Librairie du Palais de Tokyo - 13 avenue du Président Wilson (16ème arrondissement)
Librairie Le monte en l’air - 2 rue de la Mare (20ème arrondissement)
Librairie de l’IRMA - 22 rue Soleillet (20ème arrondissement)

MARNE-LA-VALLÉE
Librairie Ecosphere - 25 rue Alfred Nobel

BORDEAUX
Librairie Mollat - 15 rue Vital Carles

MONTPELLIER
Librairie Sauramps - Le Triangle, allée Jules Mihau

PERPIGNAN
Librairie du FILAF - 4bis place Gretry

MARSEILLE
Librairie Maupetit - 142 La Canebière
Librairie L’Histoire de l’Oeil - 25 rue Fontange

LYON
Le Bal des Ardents - 17 rue Neuve
Sofa Records - 7 Rue d’Algérie
Le Tasse Livre - 1 rue Louis Vitet
Néon / Théophile’s Papers - 41 rue Burdeau

GRENOBLE
Le Magasin, Centre National d’Art Contemporain - Site Bouchayer-Viallet - 8 esplanade Andry-Farcy

STRASBOURG
Librairie Quai des Brumes - 120 Grand’Rue

LILLE
Besides Records - 47 Rue d’Amiens
Librairie Meura - 25 rue de Valmy

NANTES
Librairie Vent d’Ouest au Lieu Unique - 2 rue de la biscuiterie

CAEN

ORLEANS
Librairie Passion Culture - 1 rue des Halles

AMIENS
Disquaire Malle à Disques - 1 rue du Marché Lanselles

ANGERS
Librairie Contact - 3 rue Lepveu

POITIERS
Librairie de l’université - 34 Allée Champ Dinard - Migné-Auxances

TOURS
La boîte à livres - 19 Rue nationale

MONTREAL
Librairie Formats - 2 rue Sainte-Catherine Est

BRUXELLES
Librairie Filigranes - 39-40 avenue des Arts

GENEVE
Bongo Joe - 9 place des Augustins
Beck Books / Le Rameau d’Or - 17 bvd Georges-Favon