La revue Audimat

La revue Audimat

Le prochain numéro de notre revue de critique musicale Audimat est désormais disponible. A son sommaire : Drake, Rihanna, la house de Chicago, le thrash rap des Ruff Ryders, l’heure de gloire du CD, l’EDM aux USA et une petite histoire de la caisse claire !

Mark Fisher - Le spleen de l’argent chez Drake
Si vous n’avez jamais ressenti une profonde mélancolie à l’écoute d’un refrain RnB ultra hédoniste, vous manquez peut-être quelque chose de l’époque. Depuis quelques années, une sorte de « spleen de l’argent » gagne une partie du rap américain. Universitaire britannique et collaborateur de la revue The Wire, Mark Fisher y voit une nouvelle étape dans l’histoire du gangsta-rap, en même temps qu’une manière de révéler les limites d’une idéologie du capitalisme comme unique modèle de société raisonnable (le « Capitalist Realism », du nom de son ouvrage paru en 2009 chez Zero Books).

John Seabrook - Inside Rihanna
John Seabrook écrit régulièrement sur les faits remarquables de la pop culture pour le New Yorker. Dans cet article initialement paru en 2012 dans les pages de l’hebdomadaire, sous le titre « The Song Machine », il s’intéresse à la fabrication des tubes de Rihanna, réalisés conjointement par le duo de producteurs à succès Stargate et une auteur-compositrice d’un nouveau genre, Esther Dean, mettant en lumière une singulière division du travail en studio.
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Julien Morel - Trash metal noir : les Ruff Ryders
Le son « jiggy » des Ruff Ryders, belliqueux mais plastique et contre-intuitif au point d’en être presque crispant, a marqué le rap américain au tournant du XXIe siècle avant de s’évaporer sans que beaucoup ne le regrettent. Très confidentielle dans l’Hexagone, cette musique est pourtant restée imprimée dans les oreilles du rap-nerd adolescent qu’était à l’époque Julien Morel, aujourd’hui rédacteur en chef de Vice France. Il revient sur cette trouble épiphanie sonore et visuelle, qu’il avait alors absorbée comme une forme noire-américaine du trash metal des années 80.
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La Fougère - Quelques idées reçues sur l’histoire de la house
La Fougère a étudié aux Beaux-Arts de Bordeaux, puis à l’EHESS où il a travaillé sur la question de la fabrication des savoirs et des normes esthétiques, en particulier du point de vue de la sociologie des sciences et de l’iconologie. Il a tenu pendant deux ans la rubrique « Distant Planet » consacrée aux musiques électroniques dans le magazine Vice France et sa connaissance des disques de la house de Chicago a quelque chose d’intimidant. Il revient pour nous sur la série de malentendus qui a accompagné la mise en discours des musiques électroniques de danse, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France. À l’heure où la revendication des origines prend des dimensions spectaculaires dans les scènes techno et house, une petite « archéo-critique » était nécessaire.
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Gérôme Guibert - Quand le vinyle était soldé et le CD roi
On entend beaucoup parler du streaming comme s’il représentait la fin d’une histoire des « supports » de la musique. Pour quelqu’un qui a grandi dans les années 1980, le côté hyperbolique de ces discours a un air de déjà-vu. Gérôme Guibert, sociologue de la culture, directeur de publication de la revue Volume !, ancien contributeur des zines Kerosene, Abus Dangereux et Les Hommes du Président, et pigiste chez Magic RPM depuis un bon moment, fait partie de cette génération. Alors que l’on dit souvent que le CD a remplacé le vinyle entre 1982 et 1983, Gérôme Guibert témoigne des hésitations et des conflits qui séparèrent l’invention de l’appropriation.

Olivier Lamm - Petite histoire de la caisse claire dans la musique pop
Co-rédacteur en chef de The Drone, Olivier Lamm guette les moindres soubresauts des musiques pop jusque dans leurs points de rupture, en les considérant comme une dynamique de formes avant tout. Si l’on en croit cet article dont le parcours au coup de coeur va de Richard Strauss à Four Tet, la snare drum (la caisse claire) est de ces détails diaboliques qui concentrent l’inouï en même temps qu’ils permettent de relire l’histoire.
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Simon Reynolds - L’âge Vegas de la rave : l’EDM aux États-Unis
En 1998, Simon Reynolds publie son ouvrage Energy Flash, en référence au morceau de Joey Beltram et aux effets de l’ecstasy. Le livre documente précisément la progression des scènes de dance music aux États-Unis et au Royaume-Uni dans les années 1990. Il reflète le choc formel et générationnel que tout un complexe esthétique représente pour le rock-critic que Reynolds est encore. Energy Flash est donc le récit d’une conversion. Guidé par le caractère novateur des courants électroniques, le journaliste britannique se construit une certaine idée de leur dimension émancipatrice. Ses récents textes comme l’ouvrage Retromania ou l’article sur « la Fin du Futur » dans le numéro 0 d’Audimat, résonnent comme des exercices de deuil à cet égard.
Au début des années 2010, alors que la fin de cette histoire de la musique électronique comme avant-garde semble entendue, quelque chose d’assez inattendu se produit aux États-Unis. Des artistes qui se présentent sous le mode du « producteur » électronique, revendiquant la science du studio et les concerts sans musiciens, parviennent à y trouver une notoriété mainstream. Ils le font d’une manière particulièrement bruyante et presque « scandaleuse ». La musique, l’imagerie et les styles de vie qui l’accompagnent, rappellent ainsi en partie les aspects « hardcore » et choquants que Reynolds avait pu valoriser à propos de l’éphémère et confidentielle scène rave américaine.
Le texte qui suit révèle donc tout le paradoxe du phénomène associé aux noms de Skrillex, Deadmau5, et plus souvent des « méga-festivals » comme Ultra, à mi-chemin de la rave et du grand spectacle façon Las Vegas. Comme un cadeau empoisonné pour les esthètes de cette génération, ce phénomène répète l’histoire sous une forme contradictoire, à la fois euphorique et grimaçante. Il semble manifester de manière spectaculaire un passage de générations, et par conséquent la persistance d’un potentiel dans certaines coordonnées de base de la rave. En même temps, il défait un certain nombre des repères de ce que « l’Electronic Dance Music » avait représentée pour la génération précédente. Avec ce nouveau chapitre de la réédition d’Energy Flash, qui cherche à rendre compte de la montée de ce « mouvement » au début de 2012, Simon Reynolds s’explique donc implicitement avec une décennie d’engagements comme rock-critic.

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Vous pouvez également vous procurer votre exemplaire d’Audimat dans les points de vente suivants :

TOULOUSE
Librairie Ombres Blanches - 50 Carriera Leon Gambetta
Les Abattoirs - 76 allée Charles de Fitte

PARIS
Colette - 213 rue Saint Honoré (1er arrondissement)
Galerie Yvon Lambert - 108 rue Vieille du Temple (3ème arrondissement)
Librairie Comme un roman - 39 rue de Bretagne (3ème arrondissement)
Boutique de la Gaîté Lyrique - 3bis rue Papin (3ème arrondissement)
Librairie Ofr – 20 rue Dupetit-Thouars (3ème arrondissement)
Librairie Flammarion du Centre Pompidou - 19 rue Beaubourg (4ème arrondissement)
Boutique Démocratie - 14 boulevard Saint-Michel (6ème arrondissement)
Disquaire Balades Sonores – 1 avenue Trudaine (9ème arrondissement)
Disquaire La Source - 46 rue Albert Thomas (10ème arrondissement)
L’international Records - 12 rue Moret (11ème arrondissement)
Librairie Le monte en l’air - 2 rue de la Mare (20ème arrondissement)
Librairie de l’IRMA - 22 rue Soleillet (20ème arrondissement)

BORDEAUX
Librairie Mollat - 15 rue Vital Carles
CAPC - 7 rue Ferrere

MONTPELLIER
Librairie Sauramps - Le Triangle, allée Jules Mihau

RENNES
Blind Spot / Les angles morts - 32 rue Poullain Duparc

NANTES
Librairie Vent d’Ouest au Lieu Unique - 2 rue de la biscuiterie

STRASBOURG
Librairie Quai des Brumes - 120 Grand’Rue

MARSEILLE
Techné - 61 rue Jean de Bernardy
Librairie Maupetit - 142 La Canebière

LYON
Le Bal des Ardents - 17 rue Neuve

SAINT-ETIENNE
Librairie Lune & l’Autre - 19 rue Pierre Bérard

METZ
Au Carrée des Bulles - 19 rue de la Fontaine

PERPIGNAN
Torcatis - 10 rue Mailly

BESANCON
Les Sandales d’Empédocle - 95 Grande Rue

NIMES
Goyard - 34 boulevard Victor Hugo

LIMOGES
Librairie Page et Plume - 4 place de la motte

AIX EN PROVENCE
Librairie Vents du Sud - 7 rue maréchal Foch

CAEN
Librairie Au brouillon de culture - 29 rue saint sauveur

ROUBAIX
Librairie Les Lisières – 32 Grand Place

ALENÇON
Librairie Le Passage – 10 rue du Jeudi

ORLEANS
Librairie Passion Culture - 1 rue des Halles

MONACO
Nouveau Musée National de Monaco - 17 avenue Princesse-Grace + 56 boulevard du Jardin Exotique

MONTREAL
Librairie Formats - 2 rue Sainte-Catherine Est

BRUXELLES
Librairie Filigranes - 39-40 avenue des Arts
Theophile’s Papers - 292 chaussée d’Alsemberg

ZURICH
Beck Books – Gasometerstrasse 32

GENEVE
Bongo Joe - 9 place des Augustins