Edito

Tu aimes ceci, tu aimeras cela. Océan du proche qui amplifie la similitude.
De la complexité du monde, de son incroyable hétérogénéité, de son danger, on ne voit que ce qui nous ressemble, de proche en proche. Comme ces plaisanciers qui longent les côtes, toujours à vue, on est dans notre zone de confort. L’expérience de l’altérité est ainsi probablement devenue l’aventure la plus extrême qui soit. Naviguant sur les eaux calmes des chaînes radio et autres playlists personnalisées des sites de streaming, aucune chance d’être choquer. Le monde est fini. Il est à mon image et finalement plutôt très confortable. Plus aucun explorateur ne sera nécessaire.
Nous vivons pourtant bien dans un monde sauvage, violent même, pleins d’avis divergents, de débats rageurs, de contrastes furieux. Il conviendrait d’embrasser cette diversité, de chérir le tumulte.
Les Siestes n’est pas le meilleur festival du monde parce qu’il correspond exactement à votre goût et que vous allez y voir tout ce qui compte pour votre scène chérie. C’est tout l’inverse. Les Siestes est le meilleur festival au monde parce qu’il invite au désaccord. Votre plaisir n’y étant pas garanti, tout peut arriver.