vendredi 30 juin 2017

Jardin Compans-Caffarelli

Marie Davidson

De la période dite « electro-clash », il y a ceux qui s’en sont tirés avec la gueule de bois, et puis, il y a les autres, ceux qui s’en fichent parce qu’ils sont au choix : trop vieux pour être dérangés par l’« énergie rock » sur des instru purement électroniques ou trop jeune pour avoir des séquelles auditives qui cloisonnent leurs écoutes. Globalement, la dernière catégorie, majoritaire, goutera avec délectation la coldwave de Marie Davidson. Cependant, la question principale qui se posera aux autres est des plus importantes : pourquoi cette musique nous fascine-t-elle alors que l’on s’était promis de ne plus jamais s’adonner aux plaisirs post-Elli & Jacno ? Voici un élément de réponse, partiel car la question nous tarabusque encore : aussi froid que le métal, aussi amère qu’une dernière gorgée de bière à 7 h du matin, il reste que ces salves rythmiques analogiques scandées de paroles minimalistes transpirent une humanité sincère et charnelle. Il y a dans cet abandon, cet adieu dramatique, une sorte de dernier geste salvateur. En écoutant cette contre-utopie, on se rassure, en réalité, sur notre capacité à produire du beau.