Revue Audimat

Les Siestes Electroniques élargissent leur champ d’intervention en éditant une revue baptisée Audimat. Une vraie revue, pas un magazine ni un programme du festival : des articles long format sur la musique, écrits par des contributeurs français ou étrangers, pas forcément issus de la presse spécialisée. L’idée est d’ébaucher en langue française un discours critique exigeant, sans être abscons, sur la pop music, son histoire, son écoute, sa diffusion dans le monde.

Une grande réussite grâce à des textes passionnants - Global Techno
C’est aussi humble que réjouissant - The Drone
La revue est vraiment stimulante et se lit d’un bout à l’autre sans ennui - L’éditeur singulier
Une grande respiration érudite dans le domaine des musiques actuelles - Kiblind
Au programme des articles long format et passionnants sur la musique - Les Inrockuptibles
Un effort éditorial inédit : des textes sur la musique en long format qui abordent des sujets souvent pointus tout en évitant l’obscurantisme - GQ
Audimat dissèque avec discernement le cadavre de la pop culture - Alain Finkelkrautrock
Des textes qui prennent de la distance et de la hauteur - Goute mes disques
Audimat restaure une discipline qui ne cessait de décliner : la "critique rock" - Fake for Real
Audimat se lit avec suffisamment d’intérêt et d’excitation pour qu’aucune ligne ne soit laissée de côté - Noise
Audimat enterre définitivement les problématiques typiques de la génération des baby-boomers comme “Existe-t-il une critique rock ?” - Magic
Audimat donne à voir la pop en croisant les approches. Critiques ou universitaires, français ou étrangers, les auteurs dessinent un discours critique pluriel - Technikart

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- SOMMAIRE N°5

Frédéric Junqua - « The Blue Nile, un artisanat de l’artifice »
On a longtemps cru avoir rêvé The Blue Nile. Personne ne nous avait jamais parlé de ces Écossais, cousins éloignés de Talk Talk ou d’Aztec Camera, ni de leur élégant désespoir, de cette pop faussement ligne claire, très mélancolique et très produite. Rien, dans leur effondrement serein, mouillé, presque fade à force de retenue, semblait n’avoir existé. Aussi a-t-on cru revivre le songe lorsqu’on a l’an dernier entendu leur chanson « From a Late Night Train » discrètement placée en arrière-fond d’une scène de Trois souvenirs de ma jeunesse d’Arnaud Desplechin. Mais il s’agissait bien de la voix du crooner malgré lui Paul Buchanan et des claviers à l’époque dernier cri de Paul Moore qui scintillaient dans l’aube roubaisienne accompagnant les deux jeunes héros de l’histoire. On a donc contacté, sans bien savoir quoi lui dire, le superviseur musical du projet, Frédéric Junqua, qui nous a appris qu’il avait aussi écrit un livre et qu’il était à moitié écossais. Il devenait alors difficile de ne pas lui demander un article sur The Blue Nile pour Audimat. Le texte qu’il nous a donné ne se contente pas de palper la réalité du trio de Glasgow : il décrit les éléments moraux, sociaux ou techniques que fait résonner leur musique. Et surtout, il plonge sans crainte au cœur de l’attachement irraisonné qu’elle déclenche.
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Pierre Evil & Fred Hanak - « Gangsta-Rap : un post-scriptum (2005-2015) »
Animateur de la légendaire et érudite émission Mondial Twist sur Fréquences Paris Plurielles entre 1993 et 2002, Pierre Evil a par ailleurs beaucoup écrit sur le rap américain, notamment pour le magazine Chronic’art. C’est là qu’il rencontrera Fred Hanak, lui aussi critique hip-hop et par ailleurs musicien au sein du groupe dDamage. Pierre signera en 2005 le livre Gangsta Rap, tandis que Fred publiera deux ans plus tard Combat Rap avec Thomas Blondeau, autre brillant spécialiste du genre. Les années ont passé mais le rap continue plus que jamais d’occuper le terrain et les deux garçons ont décidé d’écrire pour Audimat un long post-scriptum à l’ouvrage de Pierre. Reprenons donc avec eux une décennie d’histoire du genre gangsta et de ses principales figures, qu’ils présentent comme autant de révolutionnaires messianiques qui scandent l’apocalypse pour mieux l’installer, et si possible en tirer quelques dollars.
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Laurent Fintoni - « Le hip-hop des 90s ou l’illusion du sacré »
Depuis trois ou quatre ans, il ne se passe plus un mois sans que le Ministère du patrimoine du rap américain ne fête le vingtième anniversaire de la sortie d’un album classique de ce qui est devenu la « grande époque » du hip-hop. Cette ère bénie, c’est celle du son new-yorkais dit « boom-bap », représenté en vrac par Notorious B.I.G., le Wu-Tang, le Boot Camp Click, A Tribe Called Quest ou encore l’école de Queensbridge. Mais cette époque dorée a aussi voire surtout appartenu à des centaines d’artistes de Big Apple restés confidentiels, mais tous habités par la même inspiration à rapper comme si leur vie en dépendait et/ou à produire les beats les plus mystifiants possibles. Chez Audimat et ailleurs, on a beau aimer autant sinon plus la suite de l’histoire — le Sud, le minimalisme, la crise du groove, Kanye, etc. —, on trouve que plus le temps passe, plus le rap des années 1990 s’installe définitivement dans la catégorie des musiques sacrées d’aujourd’hui. Laurent Fintoni, Français depuis si longtemps exilé outre-Atlantique qu’il écrit désormais en anglais, propose ici une sorte d’autopsie du corps de ce Christ sonore qui, qu’on le veuille ou non, ne saurait être réduit à un simple fétiche de la muséification réactionnaire.
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James Parker & Nicholas Croggon - « Critique moderne et révisionnisme pop »
Pourquoi la grande majorité de la critique musicale contemporaine nous semble-t-elle trop souvent si peu pertinente, si peu audacieuse, si désireuse de se soumettre aux nouvelles tables de la loi édictées par le Rétromania de Simon Reynolds il y a déjà cinq ans — en un mot si ennuyeuse ? Résignation ? Conformisme ? Paresse intellectuelle ? Les critiques australiens James Parker et Nicholas Croggon proposent dans ce texte une explication différente, plus insidieuse, à ce travers très moderne. En scrutant l’habitus critique, ils isolent un concept, le rétro-historicisme. Sous le goût en apparence immodéré pour le travail d’archives et l’esprit de catalogue, seule grille de lecture désormais envisagée par la critique, serait tapie non pas une fascination pour un passé musical fantasmé forcément plus noble que notre trivial présent, mais un « désir d’avenir » empreint d’idéologie, aveugle et sourd (un comble) face aux gestes révolutionnaires qui ont marqué le XXe siècle. À un jet de pierre, donc, du révisionnisme. On le verra, le raisonnement peut paraître un brin tortueux, vaguement provocateur dans sa manière de plier Duchamp ou les Daft à son cheminement, il n’en reste pas moins stimulant et à même de nourrir la réflexion qu’Audimat tente de produire depuis ses débuts.

Quentin Delannoi - « L’inclassique Olivier Greiff »
Audimat n’avait jusqu’ici jamais parlé de musique classique. Lorsque Quentin Delannoi, qui avait déjà signé un texte sur Drexciya dans le numéro 1 de notre revue et qui par ailleurs enseigne le français au lycée, nous a parlé du compositeur Olivier Greif (1950-2000), nous sommes d’abord restés sceptiques. Quand nous avons compris qu’il s’agissait d’un compositeur de musique classique précisément fort peu classique puisqu’il avait en plein règne sériel pris le parti de la tonalité et de l’accessibilité via l’intégration de formes plus populaires, avant de se convertir à l’hindouisme et de composer de longues plages pour synthétiseur sur des cassettes sorties en pressage privé au sein de sa communauté, nous avons décidé de laisser Quentin nous déclarer en détail sa flamme pour ce musicien encore assez méconnu. Peu compétent pour nous prononcer sur la qualité du travail de ce dernier — même si nos oreilles profanes aiment beaucoup —, nous nous sommes contentés de croire en la passion que notre auteur transmet dans ce texte, et au plus haut respect qu’il accorde à ses émotions et à leur minutieuse retranscription. Souhaitons, le temps de vous faire un avis, qu’une fois ne soit pas coutume et qu’à l’avenir Audimat se permette à nouveau d’aborder la musique savante.
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Stefan Goldmann - Interview de Mike Daliot - « Le grand complot des presets »
Le débat a fait rage « à la rédaction » : faut-il, oui ou non, publier cet entretien fleuve entre deux techniciens avertis, discutant de la pertinence et de l’impact des presets (ces sons conçus par des ingénieurs et intégrés par défaut aux synthétiseurs, boîtes à rythmes et aux logiciels de musique) ? Audimat a-t-il vraiment vocation à parler technique ? Le consensus, autant vous le dire tout de suite, n’a jamais été trouvé. Mais cette conversation à bâtons rompus entre Stefan Goldmann, producteur techno allemand et théoricien passionné, et l’Autrichien Mike Daliot, développeur et sound designer pendant plus d’une décennie chez l’influent éditeur de logiciels Native Instruments (on lui doit, entre autres, les synthétiseurs virtuels Massive et Lazerbass — deux outils majeurs du courant dit « brostep » représenté par Skrillex et consorts —, ainsi que les effets du logiciel pour DJ Traktor), aujourd’hui professeur en sound studies à l’Université des Arts de Berlin, soulève in fine suffisamment de questions passionnantes pour avoir sa place ici. Extraite du livre d’entretiens de Goldmann, Presets – digital shortcuts to sound (The Bookworm, 2014), cette discussion à bâtons rompus entre nos deux protagonistes livre une belle réflexion — aux conclusions parfois surprenantes — sur la musique d’aujourd’hui, ses corollaires, son contexte : les compromis commerciaux des fabricants, la complexité excessive des outils, la perspective historique, l’origine des sons, leur sens et leur fonctionnement... Si sa lecture peut s’avérer un peu ardue pour les profanes, elle n’en reste pas moins essentielle pour celles et ceux qui aiment jeter un œil en coulisses. Les enjeux du sound design appliqués à la MAO (Musique Assistée par Ordinateur) sont en effet au cœur d’un débat sous-estimé : quelle est la part de créativité de l’ingénieur, quelle place l’industrie, comme les utilisateurs, lui réservent-ils et en quoi l’outil technique influence-t-il le musicien ?

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- SOMMAIRE N°4

Drew Daniel - Contre la quantification du beau : Treize raisons pour ne pas choisir mes treize disques préférés
Pratique embarrassante du journalisme en ligne, contestable dans la forme comme dans le fond, les listicles (néologisme obtenu par la contraction des mots liste et article) sont le douloureux quotidien de l’amateur de musique du troisième millénaire. Attrape-clics, auto-promo, raccourcis problématiques... Ils condensent à eux-seuls à peu près toutes les tares de la presse en ligne dédiée à la musique. En septembre 2014, dans les pages de The Quietus, Drew Daniel, moitié du duo électronique Matmos, professeur de lettres et music lover insatiable, retournait l’exercice, l’éventrait et en extirpait toutes les humeurs, pour mieux en exposer la profonde perversion.

Agnès Gayraud - Français, deuxième langue
Chanter de la pop (au sens large, du folk ou du rock) en français, a quelque chose de difficile. Le français a beau être notre première langue ici, celle que l’on maîtrise le mieux, dès lors qu’on la rapporte à des sons, des inflexions anglo-américaines, on a l’impression qu’elle pèse deux fois trop lourd. On peut être fier de l’emprunter, mais la voie est risquée, peuplée de modèles devenus trop envahissants et de contre-modèles auxquels on ne veut surtout pas ressembler. Agnès Gayraud écrit en français, de la théorie, de la critique, mais aussi des chansons, et ce qui l’a bercée, à la fin des années 80, au début des années 90, c’est une pop anglo-saxonne. Dans ce texte qui sonne comme un manifeste subjectif – où une génération d’auteurs pourra aussi bien se reconnaître –, elle dresse une brève physionomie, à la fois critique et impliquée, de la pop en langue d’ici. Sans prétendre à l’exhaustivité, sans chercher à faire état de toute la pop en français, ancienne ou récente, ni surtout à distribuer des bons et des mauvais points, elle pose plutôt les bases d’une archéologie des « problèmes » et des solutions, à la fois canoniques et situés dans l’histoire, auxquels se confronte le compositeur pop dès lors qu’il écrit en français.
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David Thomas - Ghoulardi ou l’école du chaos
Au début des années 1970, l’axe Cleveland-Akron, au nord de l’Ohio, est inexplicablement agité par de puissantes secousses protopunk et avant-gardistes. Des groupes comme Rocket From The Tombs, electric eels, Devo, Mirrors,The Cramps, Tin Huey, The Bizarros ou Pere Ubu semblent former une génération spontanée, bien décidée à en découvre avec le conformisme ambiant. Pour David Thomas, leader de Pere Ubu et figure majeure de la scène de Cleveland, cette fièvre arty et provocatrice aurait été inoculée dès le plus jeune âge à une génération d’innocents bambins rivés à leur poste de télévision, par un personnage méconnu et singulier, peu porté sur la bienséance. C’est la théorie qu’il exposait en 2007 dans Listen Again : A Momentary History of Pop Music, ouvrage collectif publié sous la direction d’Eric Weisbard, regroupant des textes issus de différentes présentations données lors de l’Experience Music Project Pop Conference de Seattle depuis sa création en 2002, qui tentait de mettre à jour ces moments volatiles et aléatoires, difficilement discernables, qui jalonnent l’histoire de la pop et contiennent en germe ses scènes et créations les plus marquantes.

Étienne Menu - Ethnofiction ou audiovérité : une histoire partiale d’Ocora
Entreprise politique autant que culturelle, puisque née dans le contexte troublé de la décolonisation, la collection Ocora édite depuis les années 1960 des musiques dites « traditionnelles », enregistrées d’abord en Afrique puis partout dans le monde. Conçue dans le giron des institutions françaises, elle s’est pourtant développée comme une entité indépendante, guidée par les parti-pris de ses directeurs artistiques successifs. Étienne Menu, notre rédacteur en chef, retrace ici leur parcours, en enchâssant à son récit l’histoire, plus personnelle, de sa propre rencontre avec les disques Ocora. D’abord désemparé face à des enregistrements parfois opaques, il va devoir désapprendre ses réflexes d’écoute pour se frayer un chemin dans cette singulière proposition musicale. Une histoire duale, donc, qui interroge notre rapport même à la musique et à son environnement.
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Olivier Lamm - Digitalove : le techno kayō ou la pop japonaise à son pinacle
Rédacteur en chef de The Drone, collaborateur de Libération, chroniqueur de l’émission La Dispute sur France Culture et plume régulière d’Audimat, Olivier Lamm a choisi dans cet article de mettre en lumière un pan au mieux ignoré de la culture pop japonaise. Au cours de la décennie 1975-1985, alors que le Japon se réinvente en parangon technologique et futuriste, une poignée de musiciens érudits firent des charts de l’Archipel un terrain de jeu conceptuel, laissant libre cours à leurs folles expérimentations formelles et inventant au passage une esthétique pop tendre et un brin perverse, déjà nostalgique d’un futur pourtant encore inaccompli : le techno kayō. Vu de loin, une simple curiosité, une de ces anomalies dont seul le Japon semble, ou semblait, capable. Scruté à la loupe d’une grille de lecture passionnée et rigoureuse, le techno kayō a pourtant tout d’un horizon indépassable, d’un point d’incandescence, d’un idéal pop.
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W. David Marx - The Plastics et l’angoisse de la copie
En post-scriptum de luxe à la coupe transversale d’un temps de l’histoire de la pop japonaise, W. David Marx, rédacteur en chef du site de référence Neojaponisme et auteur d’Ametora : How Japan Saved American Style (Basic Books), nous narre les tribulations, à la même époque, des Plastics, une bande de jeunes punks tokyoïtes qui ont su, avec une dérision teintée d’anxiété, tendre un implacable miroir déformant au Japon, au moment où celui-ci en avait le plus besoin. Avant, inexorablement, d’être avalés puis recrachés par l’histoire.
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Olivier Quintyn - L’ère du glitch : utopie et réification. Pour une théorie critique rétrospective
Olivier Quintyn est professeur de lettres, chercheur en théorie de l’art, éditeur et auteur du livre Dispositifs/Dislocations paru aux éditions Al Dante/Questions Théoriques en 2007. Âgé de 37 ans, il s’est fait connaître à la fin des années 1990 dans ce que l’on appelait déjà plus « les milieux d’avant-garde » pour des pièces de poésie digitale et sonore, entre autres animées par le principe du « sampling virus » défini par le musicien bruitiste Otomo Yoshihide. Confondant volontairement théorie et pratique littéraire, il a continué de s’intéresser aux phénomènes de perturbation et de mises en crise des phénomènes technologiques à travers l’information et à l’usage de ces derniers dans les arts plastiques et la musique. Il revient ici sur le destin du glitch dans la musique électronique depuis son apparition il y a une vingtaine d’années, tant du côté le plus expérimental et conceptuel que sur son versant plus pop, notamment occupé par le courant dit « micro-house » et par les anthologies Clicks & Cuts du label Mille Plateaux. Si son approche épistémologique et dialectique peut sembler aride, elle invite néanmoins à une sorte de décollage intellectuel. Une prise d’altitude qui, plutôt que de prendre les choses « de haut », convoque le pragmatisme américain ou la critique marxiste du post-modernisme pour mieux appréhender ces parasites sonores au rôle aussi politique qu’esthétique.
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Francis Marmande - Love Cry, « le » free jazz n’existe pas
Francis Marmande a 70 ans, il écrit sur le jazz dans Le Monde depuis une quarantaine d’années. Il a également signé une vingtaine de livres, enseigne la philosophie à l’université et joue du jazz, notamment avec Jac Berrocal. Nous l’avons contacté car nous cherchions à publier quelque chose autour du free jazz. Plus précisément, autour de ce que ses auditeurs trouvent dans le free jazz, de la situation de cette musique dans le monde de l’écoute, et aussi des espèces de mystères que nous avions le sentiment que ses chantres – dont Marmande fait partie, qu’il le veuille ou non – semblent aimer entretenir.
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- SOMMAIRE N°3

Carl Wilson – Chanson, folklore et sentiment : aux sources du répertoire de Céline Dion
Let’s Talk About Love – A Journey to the End of Taste du Canadien Carl Wilson, aujourd’hui journaliste à Slate, est paru en 2007 chez Bloomsbury. Très bel exemple de la façon dont l’analyse de la pop peut nourrir une réflexion plus générale sur la culture, Let’s Talk About Love est avant tout un livre sur Céline Dion. Pour essayer de percer le mystère du consensus critique contre la star québécoise — et comprendre sa propre aversion pour ses chansons — Carl Wilson y multiplie les angles d’approche. Convoquant aussi bien la sociologie (le capital culturel bourdieusien) que l’intime, la démographie que l’expérience de terrain (Céline à Las Vegas), l’éthique que l’esthétique, il interroge les notions de cool et de bon goût. Après avoir relié Céline Dion à l’affirmation d’une identité québécoise minoritaire dans un contexte anglo-saxon, Wilson fait un pas de côté pour s’intéresser aux origines américaines de ce qui sonne chez elle si « sentimental ». Partant d’une polémique qui lui permet de singulariser Céline Dion face au lot des divas R&B, il met à jour les racines du « schmaltz » : un courant souterrain et vibrant, à peine un genre musical. Une quête d’autant plus captivante que Wilson s’y livre finalement à une tentative d’isoler ce composant, essentiel mais volatil, qui fait qu’une pop song réussie ne laissera personne indifférent.
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Etienne Menu – De la techno autarcique
La dance music en général, la techno en particulier, s’est construite sur ses rapports au dancefloor. Dans la production, dans l’écoute, dans les commentaires, il s’agit toujours de dire l’efficacité de cette musique, si ça fonctionne, comment ça fonctionne (où, sur qui, pourquoi), ou à l’inverse de justifier le paradoxe que constitue l’écoute attentive, appréciative, esthète d’une musique censée se dissoudre dans le mix et dans ses effets. Ainsi à un magasin en ligne comme Beatport qui ramène cette musique à une description fonctionnaliste par genres, par BPM, par forme d’onde, répond la valorisation critique d’une techno « libre ». Mais entre ces deux pôles presque trop évidents, tout un monde d’ambiguïtés persiste. Avec ce texte, Étienne Menu, co-rédacteur en chef d’Audimat, met au jour une ligne invisible, qui va de Rhythim Is Rhythim à Cristian Vogel, et qui correspond à ses émotions d’auditeur face à ce qu’il propose de définir comme une « techno autarcique ». Parler de l’existence d’une catégorie esthétique jusqu’ici non identifiée, propre à une musique produite de façon commerciale, industrielle et rarement alimentée par un discours étayé, revient finalement à parler d’une existence fictive ou science-fictive, à enregistrer la teneur de quelques fantasmes. Ni théorie rigoureuse, ni pure subjectivité, il s’agit d’abord d’une collection de sensations, de souvenirs et d’images – mais aussi d’une redéfinition utopique de ce que la techno peut offrir de meilleur.
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Michelangelo Matos – Sur « Love Child » des Supremes
Il était une fois, au début des années 1960 à Detroit, Michigan, un trio de chanteuses qui allait devenir célèbre grâce à des tubes comme « Baby Love » ou « Where did our love go » et servir de tremplin à la diva Diana Ross : les Supremes. L’histoire du groupe ne se résume toutefois pas à un simple chapitre de la légende de la soul. Ni même à la façon dont Motown, sa maison-mère, a su faire de l’art et de l’argent. Dans ce texte, le journaliste américain Michelangelo Matos (passé par le Guardian, Village Voice ou encore Rolling Stone) a choisi d’en faire la démonstration en se penchant sur le berceau de « Love Child ». En déconstruisant ce succès tardif et emblématique des Supremes, il va mettre en lumière un pan entier de l’histoire sociale des États-Unis et, en lui superposant son propre roman familial, comprendre ce que tout amateur de pop pressent de manière plus ou moins diffuse : une simple chanson peut devenir une véritable question de vie ou de mort. Ecouter la playlist liée à l’article sur Youtube

Louis Picard – Original Body Contour : Notes nouvelles sur Robert Quine, mercenaire intègre du rock
Quel est le point commun entre Richard Hell, John Zorn, Lou Reed et Brian Eno ? Tous ont fait appel aux « guitaroïdes » services de Robert Quine, musicien admirable mais méconnu — s’inscrivant ainsi dans la cohorte des musiciens de studio à l’apport décisif et secret — quand il n’est pas mal aimé, faute de rentrer dans les cases du bon goût rock. Si bien que ce texte de Louis Picard est moins une discographie sélective ou un exercice de réhabilitation qu’une méditation sur l’éthique du jeu de guitare et les faces B de l’histoire.
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Jace Clayton – L’héritage aztèque via FruityLoops : le paradis adolescent du Tribal Guacharero
Alors que les grandes catégories comme « world music » ou « indie rock » apparaissent plus fragiles que jamais, et que les rythmes issus des ghettos mondiaux sont sans cesse hybridés aux formes les plus mainstream de dance music, on finirait presque par oublier que les scènes locales n’ont pas disparu. Même si les fichiers s’échangent à haute fréquence entre les continents, certains styles continuent de trouver leur sens dans des contextes très spécifiques. C’est le cas du Tribal Guarachero, une dance music syncrétique d’origine mexicaine, dont les ados de la ville de Monterrey, au nord du pays, ont fait un sacerdoce. Dans cet article publié en 2010 par The Fader, Jace Clayton, aussi connu sous le nom de DJ/rupture, s’intéresse au son et à la vie de ces superstars de quartier.
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Julien Besse – Pop Montréal, le festival quotidien
Julien Besse est né en 1980 à Lyon. Venu à l’écriture par la bande, celle de son goût pour les scènes punk et hardcore, il a organisé des concerts, créé des fanzines (Heartbeat, Freak Out ! ou Inégale), publié des nouvelles et travaille actuellement à l’écriture de son premier roman. À Montréal, où il a séjourné longuement, il a fait le constat d’une vie urbaine en voie de « festivalisation » galopante. Festivals et évènements culturels s’y succèdent ainsi sans fin. Jusqu’à la perte d’identité ? Peut-être… En partant du cas exemplaire du festival indie Pop Montréal, créé en 2002, il se pose dans cet article une question qui nous intéresse à plus d’un titre : celle de la troublante familiarité de ce qui prétend pourtant faire événement.

Rod Glacial – Une histoire orale du boogie français
La France pré-French Touch n’en finit plus de livrer ses secrets les plus inavouables. Si l’épopée des jeunes gens modernes, pop et synthétique est désormais bien documentée, une autre histoire reste discrète : celle du funk hexagonal. Une hypothèse musicale qu’ont vécu aux premières loges des personnalités comme Sidney, Phil Barney, Micky Milan, Agathe ou Dee Nasty. Rod Glacial, rédacteur en chef adjoint chez Noisey et passionné de l’esthétique 80s (à travers son blog Fluo Glacial et le duo de DJ France80), a choisi de faire parler les acteurs de cette scène, liée aux premières radios libres et à une poignée de clubs devenus « mythiques » – au moins dans l’esprit de ceux qui en ont arpenté les pistes d’Alain Maneval, à Clémentine Célarié, en passant par le Rock Steady Crew ou François Feldman. Aujourd’hui, le gloss des synthétiseurs cède à une part d’amertume…
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- SOMMAIRE N°2

Mark Fisher - Le spleen de l’argent chez Drake
Si vous n’avez jamais ressenti une profonde mélancolie à l’écoute d’un refrain RnB ultra hédoniste, vous manquez peut-être quelque chose de l’époque. Depuis quelques années, une sorte de « spleen de l’argent » gagne une partie du rap américain. Universitaire britannique et collaborateur de la revue The Wire, Mark Fisher y voit une nouvelle étape dans l’histoire du gangsta-rap, en même temps qu’une manière de révéler les limites d’une idéologie du capitalisme comme unique modèle de société raisonnable (le « Capitalist Realism », du nom de son ouvrage paru en 2009 chez Zero Books).

John Seabrook - Inside Rihanna
John Seabrook écrit régulièrement sur les faits remarquables de la pop culture pour le New Yorker. Dans cet article initialement paru en 2012 dans les pages de l’hebdomadaire, sous le titre « The Song Machine », il s’intéresse à la fabrication des tubes de Rihanna, réalisés conjointement par le duo de producteurs à succès Stargate et une auteur-compositrice d’un nouveau genre, Esther Dean, mettant en lumière une singulière division du travail en studio.
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Julien Morel - Trash metal noir : les Ruff Ryders
Le son « jiggy » des Ruff Ryders, belliqueux mais plastique et contre-intuitif au point d’en être presque crispant, a marqué le rap américain au tournant du XXIe siècle avant de s’évaporer sans que beaucoup ne le regrettent. Très confidentielle dans l’Hexagone, cette musique est pourtant restée imprimée dans les oreilles du rap-nerd adolescent qu’était à l’époque Julien Morel, aujourd’hui rédacteur en chef de Vice France. Il revient sur cette trouble épiphanie sonore et visuelle, qu’il avait alors absorbée comme une forme noire-américaine du trash metal des années 80.
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La Fougère - Quelques idées reçues sur l’histoire de la house
La Fougère a étudié aux Beaux-Arts de Bordeaux, puis à l’EHESS où il a travaillé sur la question de la fabrication des savoirs et des normes esthétiques, en particulier du point de vue de la sociologie des sciences et de l’iconologie. Il a tenu pendant deux ans la rubrique « Distant Planet » consacrée aux musiques électroniques dans le magazine Vice France et sa connaissance des disques de la house de Chicago a quelque chose d’intimidant. Il revient pour nous sur la série de malentendus qui a accompagné la mise en discours des musiques électroniques de danse, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en France. À l’heure où la revendication des origines prend des dimensions spectaculaires dans les scènes techno et house, une petite « archéo-critique » était nécessaire.
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Gérôme Guibert - Quand le vinyle était soldé et le CD roi
On entend beaucoup parler du streaming comme s’il représentait la fin d’une histoire des « supports » de la musique. Pour quelqu’un qui a grandi dans les années 1980, le côté hyperbolique de ces discours a un air de déjà-vu. Gérôme Guibert, sociologue de la culture, directeur de publication de la revue Volume !, ancien contributeur des zines Kerosene, Abus Dangereux et Les Hommes du Président, et pigiste chez Magic RPM depuis un bon moment, fait partie de cette génération. Alors que l’on dit souvent que le CD a remplacé le vinyle entre 1982 et 1983, Gérôme Guibert témoigne des hésitations et des conflits qui séparèrent l’invention de l’appropriation.

Olivier Lamm - Petite histoire de la caisse claire dans la musique pop
Co-rédacteur en chef de The Drone, Olivier Lamm guette les moindres soubresauts des musiques pop jusque dans leurs points de rupture, en les considérant comme une dynamique de formes avant tout. Si l’on en croit cet article dont le parcours au coup de coeur va de Richard Strauss à Four Tet, la snare drum (la caisse claire) est de ces détails diaboliques qui concentrent l’inouï en même temps qu’ils permettent de relire l’histoire.
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Simon Reynolds - L’âge Vegas de la rave : l’EDM aux États-Unis
En 1998, Simon Reynolds publie son ouvrage Energy Flash, en référence au morceau de Joey Beltram et aux effets de l’ecstasy. Le livre documente précisément la progression des scènes de dance music aux États-Unis et au Royaume-Uni dans les années 1990. Il reflète le choc formel et générationnel que tout un complexe esthétique représente pour le rock-critic que Reynolds est encore. Energy Flash est donc le récit d’une conversion. Guidé par le caractère novateur des courants électroniques, le journaliste britannique se construit une certaine idée de leur dimension émancipatrice. Ses récents textes comme l’ouvrage Retromania ou l’article sur « la Fin du Futur » dans le numéro 0 d’Audimat, résonnent comme des exercices de deuil à cet égard.
Au début des années 2010, alors que la fin de cette histoire de la musique électronique comme avant-garde semble entendue, quelque chose d’assez inattendu se produit aux États-Unis. Des artistes qui se présentent sous le mode du « producteur » électronique, revendiquant la science du studio et les concerts sans musiciens, parviennent à y trouver une notoriété mainstream. Ils le font d’une manière particulièrement bruyante et presque « scandaleuse ». La musique, l’imagerie et les styles de vie qui l’accompagnent, rappellent ainsi en partie les aspects « hardcore » et choquants que Reynolds avait pu valoriser à propos de l’éphémère et confidentielle scène rave américaine.
Le texte qui suit révèle donc tout le paradoxe du phénomène associé aux noms de Skrillex, Deadmau5, et plus souvent des « méga-festivals » comme Ultra, à mi-chemin de la rave et du grand spectacle façon Las Vegas. Comme un cadeau empoisonné pour les esthètes de cette génération, ce phénomène répète l’histoire sous une forme contradictoire, à la fois euphorique et grimaçante. Il semble manifester de manière spectaculaire un passage de générations, et par conséquent la persistance d’un potentiel dans certaines coordonnées de base de la rave. En même temps, il défait un certain nombre des repères de ce que « l’Electronic Dance Music » avait représentée pour la génération précédente. Avec ce nouveau chapitre de la réédition d’Energy Flash, qui cherche à rendre compte de la montée de ce « mouvement » au début de 2012, Simon Reynolds s’explique donc implicitement avec une décennie d’engagements comme rock-critic.

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- SOMMAIRE N° 1

Adam Harper - Yuppies versus Hipsters : l’underground d’hier et d’aujourd’hui
Les textes d’Adam Harper sont de bons antidotes contemporains à la prolifération des discours sur une hypothétique « rétromania ». Collaborateur de Wire et Dummy Magazine, il a publié chez Zero Books « Infinite Music : Imagining The Next Millenium of Human Music-Making », un essai stimulant qui prend acte de l’histoire des théories de la musique pour proposer un modèle ouvert à toutes ses potentialités. Dans cet article, il s’appuie sur ses recherches en cours à l’université d’Oxford à propos de l’underground des années 1980, pour relativiser l’explosion des échanges souvent associée à l’apparition d’Internet, et en questionner la dimension politique.

Lelo Jimmy Batista - Thrash-Metal, orgies pop et gesticulations outrées : manifeste de l’immodéré et du déraisonnable
Lelo Jimmy Batista est journaliste au magazine New Noise, président de l’Amicale des Fans de Nicolas Cage et principal responsable, via son blog « J’irai cracher du nuoac man sur tes tripes », d’une mauvaise conscience partagée chez les professionnels du publi-rédactionnel. Nous lui avions demandé si le complexe des musiques « metal » n’avait pas remplacé « l’indie » comme avant-garde rock. Il a fait semblant d’avoir la réponse et nous a finalement rendu une autofiction qui bifurque vite vers un manifeste esthétique en faveur de l’année 1988 dans la pop, entre Slayer, Public Enemy et l’acid-house.

Guillaume Heuguet - Musique numérique : pour quoi faire ?
Evoquée depuis les balbutiements d’Internet, l’idée de données dématéralisées en libre circulation n’en finit pas d’être répétée. Appliquée à la musique, elle nourrit des discours qui dépassent le simple constat : en exagérant à peine, le « cloud » invisible et fantasmé serait devenu le seul et unique milieu naturel de l’écoute, et la musique qu’il rend disponible ne saurait manifester autre chose que les propriétés d’un « environnement virtuel ». Or, l’expérience de la musique comme l’observation des formes qui peuplent le web offre chaque jour des éléments de lecture nettement moins homogènes que ce que ce nouveau dogme paramusical voudrait laisser croire. Reboot en forme de redéfinition des termes et de réévaluation des enjeux, par Guillaume Heuguet, corédacteur en chef d’Audimat et chercheur en sciences de la communication au Celsa.

Johan Palme - La world n’est plus de ce monde
Cela fait bientôt dix ans que les nouvelles musiques urbaines du « Sud » fascinent des hordes de branchés du « Nord ». Baile funk brésilien, coupé-décalé ivoirien, kuduro angolais… Dans les clubs occidentaux ont résonné ces grooves qui ont eu l’immense mérite de proposer autre chose que la routine « électro-techno-house ». Reste maintenant à définir, au-delà de l’excitation procurée par ces sons conçus et pensés autrement, la valeur esthétique et politique que leur confère les intermédiaires américains ou européens qui les importent. Journaliste à Stockholm, Johan Palme a tenu de 2007 à 2012 le blog Birdseed Tunedown, une activité qui l’a vu intégrer une génération d’amateurs et DJ investis dans une mise en avant du « global » et du « ghetto », bien décidés à dépasser les clichés du principe de « world music » né dans les années 1980, sans y parvenir tout à fait. Il revient ici pour Audimat sur les problèmes posés par sa démarche.
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Quentin Delannoi - La « nébuleuse Drexciya » : une musique conceptuelle ?
Là où le rock (prog et psychédélique, en particulier) a régulièrement produit des concept-albums voire des concept-groups, en techno l’affaire semble en revanche entendue : nous n’aurions affaire qu’à une musique instrumentale, donc automatiquement abstraite et fonctionnelle, à écouter comme telle, et que seul son contexte de production relierait au monde, comme lorsqu’on insiste sur le modèle d’une « techno de Detroit ». Que faire pourtant des métaphores scientifiques et autres connotations SF qui parcourent l’appareil textuel de la techno des années 80 et 90 ? Comment comprendre le recours systématique aux images fantastiques et aux concepts (et donc aux « concept-tracks ») d’un groupe aussi emblématique que Drexciya ? Quentin Delannoi, jeune chercheur en lettres modernes, décrit comment, en prenant au sérieux ces « clés » thématiques, il s’agirait moins de réduire la musique à un sens univoque que de s’orienter à l’intérieur de celle-ci et de se montrer fidèle au projet de Stinson et Donald.
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Agnès Gayraud - Faustus et moi : L’inauthenticité de la pop
La théorie sociologique et les cultural studies ont facilement évincé, sous prétexte d’élitisme et d’archaïsme, les positions de Theodor W. Adorno, philosophe majeur de l’Ecole de Francfort et pourfendeur du formatage, de la « musique légère » et de la « Kulturindustrie ». Malheureusement, les conséquences de ces attaques en partie justifiées sont celles d’un certain relativisme, qui fait de la musique pop un objet de consommation comme les autres. Elle continue donc d’être déconsidérée par ceux qui se préoccupent de formes artistiques apparemment moins dépendantes des circuits médiatiques. Pour Agnès Gayraud, chanteuse du groupe La Féline et auteur d’un livre sur Adorno et la pop music à paraitre chez François Bourin, il faut accepter le reproche d’inauthenticité qu’adresse Adorno à la pop, pour y voir une chance du point de vue esthétique, et même ébaucher l’hypothèse d’une critique de l’inauthenticité opérée par la musique elle-même.

Tristan Garcia - Les rouleaux de bois
Normalien et docteur en philosophie, Tristan Garcia poursuit en parallèle ses oeuvres philosophiques et littéraires, depuis le succès de La meilleure part des hommes (prix de Flore 2008), un roman qui mettait en scène une génération marquée par l’arrivée du Sida. Après un court essai sur la série Six Feet Under, il relie pour la première fois son écriture à sa passion pour la musique. Entre mythologie et dérision par l’anecdote, vertige spéculatif et ravissement sensible, le rock y est à la fois condamné et sauvé par les logiques obsessionnelles.

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- SOMMAIRE N° 0

Diedrich Diederichsen - Va crever, critique de disque (mais prends ton temps)
C’est une chose étrange et presque scandaleuse que Diedrich Diederichsen ait été aussi peu traduit en français. Né en 1957, il a écrit sur le punk et la new-wave pour la version allemande du magazine Sounds avant de diriger Spex, titre-phare de la presse alternative germanique, jusqu’au début des années 90. Imprégné de cultural studies, de post-structuralisme et de marxisme dissident, sa façon d’aborder la critique musicale est celle d’un moderniste radical, peu enclin à prendre la légèreté à la légère. Il enseigne parallèlement la théorie de l’art à Vienne. Audimat publie ici un article précédemment édité dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung en 2010, qui s’interroge sur le choix de son ancien employeur, Spex, de cesser de publier des chroniques d’albums.

Simon Reynolds - Dance music : la fin du futur
Simon Reynolds a ce pouvoir de parler d’un morceau ou d’un artiste avec un enthousiasme tel qu’on a tout de suite envie d’aller l’écouter ou le réécouter. Son désir d’échafauder, article après article et livre après livre, une véritable histoire esthétique de la pop music au sens large, ne peut évidemment qu’être accueilli à bras ouverts pour qui n’a jamais goûté aux épuisants récits rock’n’roll, anecdotiques et psychologisants de la musique de ces cinquante dernières années. Après la sortie de son dernier livre Rétromania au début de cette année, il revient pour nous, via Skype, sur l’idée selon laquelle le futur et le futurisme en musique seraient paradoxalement devenus au fil des années des notions dépassées.
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Tim Finney - Say what ? La UK Funky et l’ineffabilité du groove
Tim Finney est australien, il a 30 ans, a longtemps tenu un blog intitulé Skykicking et signe parfois des chroniques pour Pitchfork quand il réussit à trouver un créneau dans son emploi du temps d’avocat spécialiste des class actions – le même travail que celui de Glenn Close dans Damages, sauf que Tim est beaucoup plus sympathique. Malgré des goûts musicaux parfois peu compatibles avec les nôtres, Tim prête une telle attention à ce qu’il écoute et décrit qu’on finit souvent par réévaluer positivement ce qu’on pensait de ce titre de dancehall au départ assez terne, ou par prendre conscience de la fonction matricielle des remixes d’Ewan Pearson dans la scène electrohouse entre 2003 et 2005. Pour Audimat, il théorise la notion d’ineffabilité du groove à l’œuvre dans un genre passé plus qu’inaperçu en France : la UK funky.
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Louis Picard - Chiens vivants, lions morts : esthétique de la chanson rare
La rareté en musique ne concerne plus guère que les disques eux-mêmes, puisque YouTube et feu MegaUpload ont en quelques années rendu disponible et gratuite la quasi totalité de la production musicale, ou en tout cas de la production musicale faisant l’objet d’une demande, évidemment. Face à ce renversement du régime de l’écoute, nous avons demandé à notre ami Louis Picard, de son état professeur de lettres modernes en classes préparatoires et généreux érudit du rock, de nous parler du rapport trouble que l’on entretenait autrefois aux chansons rares, inédites et oubliées.

Paul Purgas - Remastering digital et révisionnisme
L’industrie des rééditions d’albums peut-elle être taxée de révisionnisme sonore ? C’est ce que soutient l’artiste et musicien Paul Purgas, entre autres moitié du groupe Emptyset, qui retrace pour Audimat l’histoire du remastering digital et rend compte d’une pratique très prisée par les labels et les ingénieurs qui travaillent pour eux, consistant à adapter le son d’un enregistrement ancien aux goûts du public d’aujourd’hui en recourant à la compression, à la ré-égalisation, et autres maquillages sonores d’œuvres originales.

Etienne Menu - "À mille lieues des clichés du gangsta rap" : Notes sur le rap en France, le rap en français, et un âge d’or négligé
Entre 1995 et 1998, le rap français a vécu son apogée. Après la première vague du début de décennie (NTM, IAM, Solaar et Assassin) sont apparus plusieurs crews profondément influencés par la scène new-yorkaise et pratiquant couramment l’art du flow, privilégiant la forme sur le sens, le signifiant sur le signifié, le style sur le contenu – soit une certaine définition du vrai bon rap, celui qui refuse de coller à un message sociopolitique explicite et au culte très français du « beau texte ». La plus talentueuse et avant-gardiste de ces équipes s’appelait Time Bomb, et ses prophètes Lunatic, Hifi et surtout Ill. Etienne Menu, à l’époque jeune auditeur électrisé par les freestyles qu’il entendait sur les ondes de Générations 88.2, revient sur cet âge d’or trop souvent passé sous silence.
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Didier Lestrade - Can You Handle It : la Hi-NRG comme défi gay
À une époque où les archivistes musicaux semblent avoir réhabilité à peu près toutes les scènes et micro-scènes des cinquante dernières années, Didier Lestrade, entre autres auteur élitiste mais décontracté des chroniques house et soul pour Libération dans les années 90, se demande pourquoi la Hi-NRG continue, elle, de croupir dans les oubliettes de l’histoire. Et en profite pour souligner comment ce style mal aimé se fit à l’époque la voix d’un désir gay enfin explicitement formulé.
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Musique et camp : Entretien avec Patrick Mauriès
Le camp est une idée étudiée en 1964 par Susan Sontag dans ses Notes on Camp, pour évoquer l’attitude théâtralisée, à la fois froide et outrée, propre à certains homosexuels new-yorkais, le plus souvent juifs. Quinze ans plus tard paraît en France le Second Manifeste Camp de Patrick Mauriès, dans la collection Fiction & Cie du Seuil. C’est le premier livre d’un jeune homme de 27 ans venu à Paris quelques années auparavant pour suivre les cours de Roland Barthes, qui se trouve justement être à l’origine de sa publication.

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Librairie Ombres Blanches - 50 Carriera Leon Gambetta
Librairie des Abattoirs - 76 allée Charles de Fitte
Disquaire Vicious Circle - 7 rue des Puits Clos

PARIS
Boutique Colette - 213 rue Saint Honoré (1er arrondissement)
Boutique Démocratie - 1 Rue de Turbigo (1er arrondissement)
Galerie Yvon Lambert - 108 rue Vieille du Temple (3ème arrondissement)
Librairie Comme un roman - 39 rue de Bretagne (3ème arrondissement)
Boutique de la Gaîté Lyrique - 3bis rue Papin (3ème arrondissement)
Librairie Ofr – 20 rue Dupetit-Thouars (3ème arrondissement)
Librairie Flammarion du Centre Pompidou - 19 rue Beaubourg (4ème arrondissement)
Disquaire Crocodisc - 42 rue des Écoles (5ème arrondissement)
Librairie Tschann - 125 boulevard du Montparnasse (6ème arrondissement)
Disquaire Balades Sonores – 1 avenue Trudaine (9ème arrondissement)
Disquaire La Source - 46 rue Albert Thomas (10ème arrondissement)
L’international Records - 12 rue Moret (11ème arrondissement)
Disquaire Born Bad - 11 Rue Saint-Sabin (11ème arrondissement)
Disquaire Souffle Continu - 22/22 rue Gerbier (11ème arrondissement)
Librairie Pop Culture - 23 rue Keller (11ème arrondissement)
La Cinémathèque Française - 51 Rue de Bercy (12ème arrondissement)
Librairie Musicale Falado - 6 rue Léopold Robert (14ème arrondissement)
Librairie du Palais de Tokyo - 13 avenue du Président Wilson (16ème arrondissement)
Librairie Le Merle Moqueur 104 - 5 rue Curial (19ème arrondissement)
Librairie Le monte en l’air - 2 rue de la Mare (20ème arrondissement)
Librairie de l’IRMA - 22 rue Soleillet (20ème arrondissement)

MARNE-LA-VALLÉE
Librairie Ecosphere - 25 rue Alfred Nobel

BORDEAUX
Librairie Mollat - 15 rue Vital Carles
La zone du dehors - 68 Cours Victor Hugo

MONTPELLIER
Librairie Sauramps - Le Triangle, allée Jules Mihau

PERPIGNAN
Librairie du FILAF - 4bis place Gretry

MARSEILLE
Librairie Maupetit - 142 La Canebière
Librairie L’Histoire de l’Oeil - 25 rue Fontange

LYON
Le Bal des Ardents - 17 rue Neuve
Sofa Records - 7 Rue d’Algérie
Le Tasse Livre - 1 rue Louis Vitet
Néon / Théophile’s Papers - 41 rue Burdeau

GRENOBLE
Le Magasin, Centre National d’Art Contemporain - Site Bouchayer-Viallet - 8 esplanade Andry-Farcy

STRASBOURG
Librairie Quai des Brumes - 120 Grand’Rue

LILLE
Besides Records - 47 Rue d’Amiens
Librairie Meura - 25 rue de Valmy

NANTES
Librairie Vent d’Ouest au Lieu Unique - 2 rue de la biscuiterie

CAEN
Librairie Au brouillon de culture - 29 rue saint sauveur

ORLEANS
Librairie Passion Culture - 1 rue des Halles

AMIENS
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ANGERS
Librairie Contact - 3 rue Lepveu

POITIERS
Librairie de l’université - 34 Allée Champ Dinard - Migné-Auxances

TOURS
La boîte à livres - 19 Rue nationale

RENNES
Blind Spot / Les angles morts - 32 rue Poullain Duparc
Lendroit éditions - 24 bis place du Colombier

QUIMPER
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BESANCON
Les sandales d’Empédocle - 95 Grande Rue

METZ
Au carré des bulles - 19 rue de la Fontaine

LIMOGES
Librairie Page & Plume - 4 place de la Motte

ARLES
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Librairie de la collection Yvon Lambert - 5 rue Violette

NIMES
Librairie Goyard - 34 boulevard Victor Hugo

MONTREAL
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BRUXELLES
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GENEVE
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CHEXBRES
Sérendipité - Grand’rue 6

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- DEBATS

Des débats en lien avec les thèmes abordés par la revue ont également étés organisé à la Gaîté Lyrique en 2013/2014 :

- le 22 janvier 2013 : qu’est-ce qu’un son de qualité ?
- le 19 février 2013 : à quoi sert la critique musicale ? Archive vidéo
- le 14 mars 2013 : le rap français existe-t-il vraiment ? Archive video
- le 16 avril 2013 : musiques gays, musiques d’avant-garde ? Archive vidéo
- le 16 octobre 2013 : la mort de la world music Archive vidéo
- le 12 décembre 2013 : musique pop et littérature française Archive vidéo
- le 18 février 2014 : l’avant-garde et le métal
- le 30 avril 2014 : la pop mainstream doit-elle être défendue ? Archive vidéo
- le 21 avril 2016 : la situation du critique musical à l’époque de Kanye West Archive
- le 22 avril 2016 : L’esprits des machines dans les musiques électroniques Archive